jeudi 24 mai 2007

Que cent blogs fleurissent...

L'U2r est actuellement engagée dans la bataille législative dans un certain nombre de circonscriptions. L'enjeu est de taille : il s'agit, aux côtés du Modem, de créer les conditions d'un contre-pouvoir à l'Assemblée, pour éviter une Chambre bleue horizon, qui serait incapable de contrôler effectivement le gouvernement. Notre présence doit permettre également de porter l'actualité du message radical, et de préparer ainsi la création du grand parti radical dont la vie politique française a besoin.

Nous signalons ci-dessous les blogs créés par les candidats U2R : ils comptent sur vous !

U2R Franche-Comté :radical39220.canalblog.com
pour une U2R Essonne : www.91.site.tc
pour une U2R de Communauté d'agglomération : www.ec.site.tc
U2R Bretagne : http://www.kingsley-okuns.fr/
 

 

samedi 12 mai 2007

La vie politique a désormais son Modem

Bayrou2 François Bayrou lance donc le Mouvement démocrate.  A cette occasion, il insiste sur le rôle de l'équilibre des pouvoirs. Les radicaux attachés à la thématique centrale du "citoyens contre les pouvoirs" (Alain) ne peuvent que s'en réjouir. Nous publions ici le compte-rendu des travaux du Conseil national de l'UDF, publiés sur le site de Bayrou.

Devant 2500 personnes, François Bayrou a rappelé la "magnifique aventure" de l'élection présidentielle qui l'a vu rassembler sur son nom sept millions d'électeurs. Venant de droite, de gauche, du centre. Le président du futur Mouvement démocrate assure que la confrontation des blocs sera contre-productive pour la France et les Français. C'est dans ce contexte qu'il a appelé à la création d'une nouvelle force politique, le Mouvement démocrate. Il réunira des sensibilités venues de toute part. Des écologistes, des gaullistes, des centristes de droite et de gauche viendront s'amarrer à ce nouveau parti. François Bayrou a également annoncé que près de 22.000 adhésions se comptaient déjà à ce jour, sans aucune publicité. Qui forment les bases de ce nouveau mouvement. Il "défendra les citoyens devant le pouvoir". Les parlementaires seront libres de leur vote, dans un mouvement unique de la vie politique française. Il a conclu par une allusion aux deux partis majoritaires : "Je ne quitterai pas l'allégeance de l'un pour me réfugier dans celle de l'autre."

La Commune : nous n'oublions pas...

Clemenceau "La Révolution est un bloc". Nous sommes comme Clemenceau, on ne choisit pas : et Mirabeau et Robespierre et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et les fulgurances de Saint-Just, et la Fête de la Fédération et les Jacobins, et Valmy et les guerres de Vendée, tout est la France, son histoire, son message et aujourd'hui encore, l'écho de sa voix dans le monde. C'est pourquoi nous serons le 2 juin au Mur des Fédérés pour commémorer la Commune. 

Logoamis



L’œuvre démocratique de la Commune, célébrée le 2 juin 2007 au Mur des Fédérés

Pendant sa brève existence, 72 jours seulement, la Commune de Paris du printemps 1871  réalise une œuvre démocratique considérable. Elle donne l’exemple d’un gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, d’une démocratie directe et participative.

A la suite de l’insurrection populaire du 18 mars 1871, le Comité central de  la Garde nationale invite les citoyens à élire, dès le 26 mars, un « Conseil de la Commune » qui entre dans l’histoire sous le nom de « Commune de Paris ». Deux jours avant le scrutin, les bataillons de la Garde nationale précisent leur conception de la démocratie : « Quand nous pourrons avoir les yeux partout où se traitent nos affaires, partout où se préparent nos destinées, alors, mais alors seulement, on ne pourra plus étrangler la liberté ».

Le Manifeste du Comité central des vingt arrondissements exige « la responsabilité des mandataires et, par conséquent, leur révocabilité permanente. Le mandat impératif, c’est à dire précisant et limitant le pouvoir et la mission du mandataire ». Pendant leur mandat, les élus de la Commune sont sans cesse placés sous le contrôle des citoyens notamment dans les réunions des clubs et de l’Union des Femmes.

Cet exemple de démocratie directe demeure unique dans l’histoire mondiale. Depuis 136 ans, il est un phare, un idéal pour les forces démocratiques qui agissent partout dans le monde contre toutes les tyrannies, les injustices et les inégalités... En cette année 2007, où nous sommes appelés à élire le président de la République et l’Assemblée nationale, l’œuvre, les idéaux, les pratiques démocratiques de la Commune de Paris, sont d’une brûlante actualité. Nous appelons les salariés, les retraités, les jeunes, les femmes, les immigrés, les sans papiers, sans droits, sans toit, sans travail, toutes les victimes d’une société qui les écrase, à se rassembler le 2 juin au Mur des Fédérés.

    Nous leur donnons rendez-vous le samedi 2 juin 2007 à 14 h 30 à l’entrée du cimetière du Père Lachaise, rue des Rondeaux, Paris 20e (Métro Gambetta)

Signataires de cet appel, à la date du 10 mai 2007 : Les Amis de la Commune de Paris 1871 ; ARAC ; Association Action ; Association Rouges vifs Ile de France ; Association des Libres Penseurs de France ; CAS Nanterre ; CER-SNCF Normandie ; MRAP ; SAT Amikaro Espéranto Paris ;CGT Force ouvrière ; Union locale CGT Paris 10e ; Institut d’histoire sociale CGT-PTT ; FSU ; UNSA ; Mouvement Jeunes communistes ; Mouvement des Jeunes socialistes ;  MRC ; PCF ; PRG ; PS ; U2R.

Pendant trois jours, il nous a fait honte

CacommencemalteFinky

Alain Finkielkraut a publié un billet cinglant dans le Monde du 10 mai 2007 critiquant l'escapade maltaise de Sarkozy. Comme lui, nous pensons que ce quinquennat commence mal ("ça commence Malte" même, comme le dit à propos le Canard enchainé) : les people, le Fouquet's, la croisière sur un yacht au large de la Méditerrannée, la collusion avec le monde des affaires : espérons que la première impression ne sera pas la bonne...

"On ne peut pas se réclamer du général de Gaulle et se comporter comme Silvio Berlusconi. On ne peut pas en appeler à Michelet, à Péguy, à Malraux et barboter dans le mauvais goût d'une quelconque célébrité de la jet-set ou du show-biz. On ne peut pas prononcer des odes à l'Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d'un magnat des affaires.

Contrairement à ce qu'il avait annoncé sur un ton grave, Nicolas Sarkozy ne s'est pas retiré du monde pour habiter la fonction présidentielle : entre le Fouquet's, Falcon et palace flottant, il a oublié qu'il venait d'être élu président de la République. Il avait peut-être ses raisons que la raison ignore. Espérons cependant qu'il s'en souviendra, une fois de retour sur le plancher des vaches, et qu'il saura, comme il l'avait promis dans des discours de très haute tenue, incarner la France. Pendant trois jours, il nous a fait honte."

mercredi 09 mai 2007

Sarkozy est élu mais l'Histoire reste à écrire

Sarko La victoire de Nicolas Sarkozy est nette, son ampleur  indiscutable : nous souhaitons donc bonne chance au nouveau président, conformément à la tradition républicaine, et espérons sincèrement qu’il réussisse à guérir les maux dont la société française souffre. Si nous ne sommes guère convaincus par la thérapie qu’il compte mettre en œuvre, nous sommes cependant conscients que son échec aurait des conséquences redoutables dont nous ne pourrions nous réjouir.

Mais au-delà de la victoire d'une droite unie et décomplexée  - tant sur ses alliances que sur ses connivences idéologiques sur sa droite -, il faut craindre que Nicolas Sarkozy, qui a annoncé clairement la couleur (critique de Mai 68, remise en cause des régimes spéciaux des retraites ou du contrat de travail, réhabilitation de l’autorité et de « l’ordre », suppression des droits de succession, mise en place d’un bouclier fiscal de 50% qui revient à  supprimer l’ISF, réduction du nombre de fonctionnaires, ratification du TCE par voie parlementaire, etc) ne confirme ses penchants pour le clivage de la société française  : la potion amère promise (libéralisme, atlantisme, dérive sécuritaire, communautarisme) sera ainsi administrée à un peuple français qui a sans doute été subjugué par l’habileté et le professionnalisme dont Nicolas Sarkozy a su faire preuve dans cette campagne et qu’il faut avec fair-play lui reconnaître.

Le risque est grand en effet d'une victoire de l'UMP dans un mois, puisque les valeurs culturelles de la droite (compétition, efficacité, ordre, autorité, famille) l’ont clairement emporté sur celles de la gauche, sans que celle-ci n'ait pu réagir, par manque d'un leadership clair, tant sur le fond idéologique que sur la forme, trop personnelle et imprécise.

La victoire de Sarkozy est en effet aussi la défaite de la gauche. Dès lors, la  gauche ne peut plus se contenter de rejeter la responsabilité de son échec sur les autres sans analyser sa propre part de responsabilité, qui est grande. Chevènement en 2002 et Fabius en 2005 avaient déjà tiré la sonnette d'alarme : la gauche, en faisant plus de sociétal que de social, en défendant plus le mariage gay que la fiche de paie, en substituant la défense des sans-papiers à celle des classes populaires et moyennes, en vidant l'école de ses contenus et en renonçant à la méritocratie républicaine, en glorifiant une Europe devenue le cheval de Troie du libéralisme au détriment d'une Nation protectrice ringardisée, en prônant une laïcité ouverte, la gauche, donc, a creusé son propre échec. Les électeurs des classes populaires et moyennes s'en sont éloignées et il est difficile de ne pas les comprendre.

La défaite de la gauche version "désirs d'avenir" est donc d’abord la défaite de cette gauche  bien pensante, moralisatrice,  très Rive Gauche, qui a tourné le dos à son électorat traditionnel (ouvriers, fonctionnaires de l'Education nationale, salariés du service public...).

Jaures Comment pouvait-il en être autrement quand le leader de la droite citait Jaurès, alors que la candidate de la gauche lui préférait Diam’s ? Pour Jaurès, le combat républicain était d’abord l’alliance de la Nation et du monde du travail : qui osera prétendre que la campagne du PS était axée sur ces thèmes ?

Il faudra bien analyser les causes multiples de cette défaite historique et ouvrir en urgence les chantiers de la refondation afin de remettre les républicains en mouvement. Pour nous, radicaux, l’opportunité qui se présente est grande : nous disposons en effet du logiciel républicain capable de donner un projet viable et crédible à tous les républicains de bonne volonté, à tous les républicains de progrès. Nous le brandissons comme une bannière de rassemblement et de refondation en direction de tous ceux qui voudront bien s’en saisir, notamment au sein du Mouvement démocrate. Dès à présent d’ailleurs, nous présenterons des candidats aux législatives de juin, sous la banière du MD ou avec son soutien, un peu partout en France.

C'est la preuve qu'un grand Parti radical peut renaître de ses cendres, à l'occasion de la création du Mouvement Démocrate, à condition que ses modalités de fonctionnement permettent aux Radicaux de porter authentiquement leurs propres visions de la Res Publica sur le terrain électoral.

Avec l’élection de Sarkozy, une page s’est tournée, qu’on le veuille ou non : l’avenir n’est cependant pas écrit. A nous de faire mentir en juin les mauvais présages et de faire gagner les candidats de la rénovation  républicaine.

dimanche 29 avril 2007

Pour la création d’un grand parti radical

Roseorange La rénovation de la vie politique est en marche : l’annonce par François Bayrou de la création du Parti démocrate, le dialogue qu’il a su entamer au delà de la frontière gauche-droite avec Ségolène Royal, sont autant de signes d’une décrispation de la vie politique que les radicaux appellent de leurs vœux depuis des années. Il ne faudrait pas cependant que cette ouverture du jeu politique ne soit qu’un feu de paille, qu’une espérance de printemps déçue par l’été. C’est pourquoi  nous en faisons un critère essentiel pour le choix de celui qui endossera dimanche prochain les habits de président(e) de la République. Les radicaux appellent donc les électeurs à voter pour le candidat qui leur semblera le plus apte à favoriser le renouvellement du jeu politique et de permettre à Bayrou de transformer l’essai marqué le 22 avril.

Au-delà de l’élection du 6 mai prochain, certes décisive, les radicaux sont attentifs à l’idée de construire une force authentiquement républicaine, qui fait actuellement défaut dans le paysage politique français. C’est d’ailleurs ce à quoi nous avons oeuvré inlassablement depuis 2001. C’est donc avec intérêt que nous observons la création du parti démocrate de François Bayrou. Ce n’est pas tous les jours en effet que la vie politique se recompose et qu’un nouveau parti, appelé à peser sur la vie politique, se crée. Les radicaux de l’U2R sont ainsi prêts à se lancer dans cette aventure, avec leurs idées, leur enthousiasme, leurs valeurs ; leurs racines et leur histoire centenaire aussi. Notre position est simple : si ce nouveau parti est confédéral, s’il permet d’y animer un authentique courant radical, s’il est bâti sur des principes laïques et républicains forts, alors nous lui apporterons notre soutien plein et entier et appellerons tous les radicaux, quelle que soit leur chapelle, à venir nous rejoindre pour construire ce grand parti radical dont la France a besoin.

En attendant qu’une réponse soit apportée à leurs interrogations, les radicaux préparent dès maintenant la bataille des législatives de juin prochain : l’U2R investira et présentera en effet à cette occasion plusieurs candidats. Quel que soit le résultat du vote du 6 mai, une page se tourne, une ère s’achève, un nouveau cycle politique commence. Nous l’accueillons comme une chance à saisir : 2007 sera peut-être l’an I de la refondation du radicalisme.

mardi 24 avril 2007

La victoire des républicains

1) Urne2 L'U2R se félicite de la participation exceptionnelle au scrutin présidentiel de dimanche dernier. Elle signifie l'intérêt des Français pour les affaires publiques et la recherche du bien commun : de nombreux citoyens qui s’étaient éloignés des affaires publiques ont su retrouver le chemin des urnes pour y faire entendre leur voix. Simultanément, le vote Le Pen régresse fortement. C’est donc d’abord la république qui a gagné dimanche, ce dont les radicaux ne peuvent que se réjouir Dès lors qu'il y a retour du politique, on peut être optimiste car le citoyen, à condition qu'il le veuille et qu'on lui en laisse les moyens, peut alors retrouver prise sur la société.

Sego 2) En apparence réussi, le pari de Royal est sans doute perdu. Elle ne réunit sur son nom que 25% des électeurs alors qu'elle a déjà entamé largement ses réserves à gauche par le phénomène du vote utile. Le total gauche est historiquement à son plus bas niveau, atteignant à peine 36%. Il est pour nous le signe d'une faillite d'une certaine gauche, qui a cru que l’assistanat suffisait à résoudre les inégalités créées par la mondialisation, qui a oublié que la nation était le cadre naturel de la démocratie et de la solidarité, qui a flatté certains communautarismes, qui a désespéré les classes moyennes en sous-estimant la crise de l’école, qui enfin s’est égarée dans le vote Oui en 2005. Ce constat sévère appelle une réponse : il faudra sans doute refonder demain la gauche autour d'un projet authentiquement républicain. C’est à la lumière de cette ligne politique ferme et claire qu’il faut interpréter nos soutiens à Corinne Lepage et à François Bayrou, ainsi que les contacts pris pour coordonner tous les radicaux, y compris ceux du PRG et de l’UMP, autour du candidat centriste. Il s'agissait d’un côté de donner un avertissement à une gauche qui s’était égarée, loin d’un républicanisme exigeant ; de l’autre, de construire une offre politique novatrice et républicaine.

Bayrou2 3) François Bayrou, pour qui nous avions appelé à voter, réalise incontestablement un très bon score mais hélas manque son pari de bousculer les clivages. Le système politique restera cette fois encore verrouillé par le face-à-face UMP-PS, face-à-face parfois artificiel, souvent stérile, et qui n'est sans doute pas à même de répondre aux défis auxquels la France est confrontée. On ne peut en effet qu’être sceptique quant à la capacité de vieux appareils, devenus de simples écuries présidentielles, à résoudre la triple crise, nationale, sociale et institutionnelle, à laquelle la France est confrontée. Il reste donc à construire le grand parti radical dont la France a besoin : le futur parti démocrate de Bayrou en sera-t-il l'armature ? la réponse sera peut-être donnée dans quelques jours.

Segosarko 4) En attendant, la campagne présidentielle continue. Le second tour opposera donc Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy, au grand soulagement des élites qui craignaient plus que tout que François Bayrou ne bouscule le jeu convenu entre ceux qui se partagent le pouvoir depuis 20 ans. Nous ferons connaître en temps et en heure notre choix. D'ores et déjà, nous refuserons le choix du tout-libéral, du tout-sécuritaire et du tout-communautaire.



mercredi 04 avril 2007

Réflexions sur une campagne

1) Le radicalisme est dans cette campagne éclaté : les valoisiens associés à l'UMP soutiennent Sarkozy, le PRG a rallié Ségo et nous avons de notre côté finalement fait le choix de Bayrou. Cet éclatement montre bien le malaise des radicaux à chaque élection présidentielle : on nous demande en effet de choisir un homme là où nous préférons les principes, les débats de fond, les majorités d'idées. L'élection du président au suffrage universel reste en effet pour nous une perversion de la démocratie : nous le disions en 1962, nous le répétons encore aujourd'hui. La personnalisation du pouvoir qu'elle suscite, la "peopolisation" des moeurs politiques qu'elle produit, la monarchisation de la république qu'elle a engendrée sont autant de défauts qui contribuent à corrompre la qualité du débat démocratique. On le vérifie encore cette année.

Mendes Mendès France, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance, critiquait dès 1962 l'élection au suffrage universel du président :  "Je ne suis pas de ceux qui méconnaissent le rôle fructueux ou désastreux qu’un homme peut jouer dans la vie publique. Nul n’a jugé plus sévèrement que moi ceux qui ont mal gouverné le pays et trahi ses intérêts. Que le pays les juge aussi avec rigueur, qu’il fasse demain de meilleurs choix, je le souhaite de tout mon patriotisme. Mais toutes ses décisions doivent d’abord être fondées sur des volontés précises, sur des objectifs déterminés, sur des contrats clairs.Choisir un homme sur la seule base de son talent, de ses mérites, de son prestige (ou de son habileté électorale ou de son charme télégénique), c’est une abdication de la part du peuple, une renonciation à commander et à contrôler lui-même, c’est une régression par rapport à une évolution que toute l’histoire nous a appris à considérer comme un progrès." La République Moderne, Paris, Gallimard, 1962, p. 91

2) Dès lors cependant que la démocratie française est articulée autour de l'élection présidentielle, dont elle est le pivot, il faut bien choisir : non pas le candidat idéal, qui n'existe jamais, mais le meilleur ou tout simplement celui qui nous semble le moins mauvais. Dans notre conception de la démocratie, appeler à voter pour un candidat ne relève donc jamais d'une allégeance absolue, mais au contraire d'un soutien critique, qui ne masque jamais les réserves que nous pouvons avoir. C'est ainsi qu'il faut comprendre notre soutien à François Bayrou.

3) Parmi les trois candidats suceptibles de remporter le second tour, tous ont appelé à voter Oui en 2005. C'est pour le moins une anomalie. L'un d'entre eux, Sarkozy, ne veut plus entendre parler de référendum à propos des nouvelles institutions qu'il faudra donner à l'Europe : c'est une bonne raison pour le combattre. Les deux autres promettent un référendum et semblent, dans des proportions variables, avoir en partie intégré les arguments des Nonistes. Faute de grive....

4) Nous avons déjà dit plus haut que la concentration des pouvoirs dans une seule main, celle du président de la République, était dangereuse. Pour nous, en bons disciples d'Alain, il ne peut y avoir de pouvoirs sans contre-pouvoirs. Dès lors, le rôle du Parlement est de contrôler le gouvernement (et celui des citoyens est de contrôler ses représentants). Pour ce faire, il faut que l'opposition ait les moyens juridiques d'accomplir cette mission de contrôle. Mais il faut également que la majorité ne soit pas monocolore, qu'il puisse y avoir en son sein une opposition interne qui freine ses excès : à nos yeux, il est préférable que la majorité soit une coalition de deux ou trois partis, entre lesquels la discussion doit permettre des compromis équilibrés. Rien ne serait pire qu'un PS ou une UMP disposant en juin de la majorité absolue au Parlement. Quelles que soient les bonnes intentions des uns et des autres, le monopole du pouvoir aboutit toujours aux mêmes maux : l'abus de pouvoir, le népotisme et l'autisme. C'est sans doute une des raisons qui motivent notre soutien à Bayrou.

mardi 03 avril 2007

François Bayrou s'estime "plus à gauche" que les socialistes sur "bien des sujets"

Nous reproduisons ici un article du Monde du 3 avril sur la campagne de François Bayrou. En se revendiquant plus à gauche que le PS sur certains points, Bayrou reprend à son compte les critiques que nombre de républicains de gauche ont adressé au PS.

Bayrou Le candidat de l'UDF à la présidentielle, François Bayrou, s'est à nouveau posé en rassembleur et en partisan de la raison, lundi 2 avril, lors d'un déplacement à Reims, tout en cherchant à montrer qu'il pouvait se positionner à gauche en attaquant les socialistes sur leur terrain.

Le Parti socialiste, "c'est le parti qui a fait le plus de privatisations, qui a laissé déraper le déficit et la dette, qui a laissé partir les services publics et a fait le mandat de gestion à Lagardère chez Airbus", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse, avant de tenir meeting devant plus de 3 000 personnes à Reims. "Je prétends que sur bien des sujets, je suis plus à gauche qu'eux. Il y a des jours où j'ai l'impression de défendre davantage de valeurs que cette gauche-là. Il y a des choses que le Parti socialiste a oubliées", a affirmé le candidat de l'UDF en disant défendre des "valeurs plus républicaines".

Il a rappelé être monté à la tribune de l'Assemblée nationale "tout seul" pour défendre l'allocation spécifique de solidarité (ASS) des chômeurs que le gouvernement Raffarin voulait supprimer, et être "allé tout seul au Conseil d'Etat" pour protester contre la privatisation des autoroutes. "Je n'ai pas beaucoup entendu la gauche à ces moments", a-t-il dit. Et, tout en affirmant que "la solidarité est le premier des devoirs de l'Etat", François Bayrou a expliqué ne pas avoir "la même idée de la solidarité qu'ont les dirigeants du Parti socialiste".

Il a dit son opposition à la décision de la région Ile-de-France, présidée par le socialiste Jean-Paul Huchon, d'accorder la gratuité des transports en commun aux RMistes car "bientôt, il n'y aura plus de différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas".

Le candidat centriste s'était auparavant rendu, quelques instants, chez le fabricant d'outils de découpe et d'emboutissage de tôle Chausson à Bazancourt, dans la banlieue rémoise. Confronté à un manque de débouchés, l'usine est en passe de fermer faute de repreneurs. 182 emplois sont en jeu. "Le terrain apprend plus de choses que les mots", a commenté François Bayrou, sans préconiser de solution particulière. Les salariés n'en demandaient pas non plus. "Ce qu'on veut, c'est qu'on parle de nous", a dit François Léger, délégué CFDT du comité d'entreprise.

Le président de l'UDF a décrit un pays en situation de crise "exceptionnelle", en proie au chômage – selon lui,"sous-estimé" : il a considéré le véritable nombre de chômeurs à 4 millions –, au fardeau de la dette et aux problèmes des banlieues, pour défendre à nouveau la nécessité d'un gouvernement rassemblant par-delà le clivage droite-gauche. "A crise exceptionnelle, il faut une réponse exceptionnelle", a-t-il fait valoir. "Je nommerai un gouvernement dans lequel je prendrai bien soin de présenter des visages nouveaux, des expériences nouvelles, qui représentera aussi équitablement que possible les grandes sensibilités du pays", a-t-il promis.

François Bayrou a aussi marqué sa différence sur le thème de l'immigration, alors que Jean-Marie Le Pen tenait meeting à Reims en même temps que lui. "L'immigration n'est pas la cause de tous nos maux. Les difficultés que nous rencontrons avec l'immigration ne sont pas la cause des difficultés de la nation. Elles en sont la conséquence", a-t-il affirmé en prônant "la raison, le respect réciproque et la compréhension".

"Il faut éviter de faire monter les tensions, les affrontements entre les différentes catégories de Français", a-t-il affirmé en faisant appel "à la raison". "Nous ne voulons pas aller dans le sens de ce qui excite les affrontements, les ressentiments et les haines. Nous allons devoir vivre ensemble, et c'est ensemble qu'il va falloir que nous sortions le pays de la crise", a-t-il lancé sous les applaudissements.

Il a critiqué, sans la nommer, Ségolène Royal pour avoir fait "je ne sais quelle utilisation" du drapeau tricolore dans le débat sur l'identité nationale. "La France, ce ne sont pas les signes extérieurs de la nation. Dans notre pays, c'est la République  qui a fait la nation et pas la nation qui a fait la République", a-t-il fait valoir.

François Bayrou présentera ce mardi, à la mi-journée, son programme.


                                                       

Présidentielles 2007 : pour qui voter ?

Kébir JBIL a animé longtemps le Mouvements des Maghrébins Laïques de France. Il explique ici pourquoi il votera Bayrou

Cette question m’obsède depuis plusieurs mois. Depuis que nous avons eu la nième preuve que la gauche n’avait pas tiré les leçons des élections de 2002 et qu’elle allait se consacrer aux batailles intestines, propices au retour des éléphants accrocs au pouvoir pour le pouvoir. Ceux-là même qui ont laissé Lionel Jospin aller jusqu’au bout de son suicide politique en 2002. Et souvenons-nous que sans un élan démocratique, qui a uni électeurs de gauche et de droite au profit de Chirac, l’extrême droite aurait enfin triomphé, en grande partie grâce à la pratique politique de la gauche traditionnelle.

Comme la majorité de mes concitoyens, je suis et resterai traumatisé par ce coup de semonce qui a fait vaciller la République l’espace d’une quinzaine. Je suis désormais plus exigeant. Je juge sur pièce ! Vient automatiquement la question pénible. Qui voter ? Ségolène ? Bayrou ? Sarkozy ?

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