Corinne Lepage : écologie, république, laïcité
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Les radicaux attachent beaucoup d'importance à la francophonie, ne serait-ce que parce que la francophonie crée un contrepoids utile à l'hégémonisme anglo-saxon. Ce faisant, elle participe à l'émergence d'un monde multipolaire que nous croyons préférable à celle d'un empire américain dominant économiquement et culturellement les pays rejetés à sa périphérie. "Le divers décroit", regrettait Victor Ségalen : la francophonie est sans doute un moyen de lutter contre l'uniformisation du monde. Ce combat, Corinne Lepage le partage avec nous. Nous publions ici l'entretien qu'elle a donné le 27 janvier à Jeune Francophonie.
Jeune Francophonie - La francophonie évolue en France sous le signe de la controverse, qu’elle soit méconnue, inconnue ou même lorsqu’elle est connue car le terme est lui-même équivoque. Quelle est votre définition de la francophonie ?
Corinne LEPAGE - Pendant longtemps la francophonie a été caricaturée ou du moins réduite dans la portée de son message, par l’utilisation qu’ont pu en faire certains courants de pensées, la basant sur la nostalgie d’une certaine grandeur de la France, pour paraphraser le Général de Gaulle. Par ailleurs, la francophonie semble ne revêtir que de fraîche date une dimension plus « politique » qui lui donne son « F » majuscule. La Francophonie, ce sont ainsi des actions diplomatiques et de coopération culturelle et technique liant désormais 68 Etats, qui prennent part activement aux grands débats du multilatéralisme, comme l’atteste la reconnaissance récente de la diversité culturelle comme en jeu politique dans la mondialisation.
Nos amis du Comité Laïcité République ont remis les prix de la Laïcité 2007 vendredi dernier. Emmanuel Dupuy, président de l'U2r et Corinne Lepage, candidate à l'élection présidentielle avec le soutien de l'U2R, sont intervenus pour rappeler l'actualité du combat laïque. Nous publions ci-dessous le communiqué du CLR.
Les Prix de la Laïcité 2007 ont été décernés par le Comité Laïcité République (jury présidé par Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de L’Orient) au député danois Naser Khader et au café parisien La Mer à boire, le 26 janvier à l’Hôtel de ville de Paris.
Naser Khader a reçu le Prix international de la Laïcité. Après la publication de dessins sur Mahomet dans le journal danois Jyllands-Posten, Naser Khader s’est opposé à la censure et aux représailles exigées par les intégristes islamistes ; apparaissant comme le chef de file des musulmans démocrates au Danemark, il est l’objet de menaces de mort.
Le café parisien La Mer à boire a reçu le Prix national de la Laïcité. Etabli dans le quartier de Belleville, La Mer à boire a accueilli une exposition de dessins sur les religions, intitulée " Ni Dieu, ni Dieu ", et il n’a pas cédé face aux multiples pressions et agressions.
Naser Khader et le café La Mer à boire ont défendu la liberté d’opinion et d’expression, le refus de la censure et de l’interdiction du blasphème.
Nicolas Sarkozy a donc bien, selon le Canard enchainé, enquêté sur l'équipe de campagne de Ségolène Royal. Cela rappelle les pratiques de l'Etat-UDr, puis de l'Etat-RPR, que les radicaux n'ont cessé de dénoncer depuis 1958. La campagne présidentielle s'annonce donc comme un théâtre de coups bas, qui déshonore la république et méprise les électeurs, qui attendent autre chose d'un débat présidentiel. Il est donc temps de purifier ces moeurs politiques indignes d'une grande démocratie : cela passe sans doute, comme le réclame ce soir le Monde dans son éditorial que nous reproduisons ci-dessous, par le départ de Sarkozy du ministère de l'Intérieur. Il n'est que temps : le plus tôt sera le mieux.
Officiellement, il n'y a plus de police politique en France. Les Renseignements généraux (RG) n'enquêtent donc plus sur les partis politiques. Pourtant, à chaque élection présidentielle, on voit resurgir les RG. Dans son numéro du 24 janvier, Le Canard enchaîné a ainsi révélé que les RG avaient mené une enquête, sur "ordre en provenance du cabinet" du ministre de l'intérieur, sur Bruno Rebelle, ex-directeur de Greenpeace France devenu le conseiller environnement de Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy a qualifié ces accusations de "ridicules". Mais l'affaire fait grand bruit. Et Mme Royal a demandé, jeudi 25 janvier, à Jacques Chirac d'"assurer le bon fonctionnement" de la campagne.
M. Sarkozy ne pourra pas en rester là et se contenter de répondre par une pirouette.
Un récent rapport de l'inspection des finances évalue le montant des aides publiques aux entreprises à 65 milliards d'euros en 2005, soit 4% de la richesse nationale et plus que le budget de l'Education nationale. C'est un chiffre étonnant par son ampleur, qui doit interpeller tous ceux qui pensent que l'ordre social (plein emploi, croissance des revenus) passe par un Etat efficace et une dette publique jugulée.
65 milliards d'euros : cela révèle en creux l'importance des marges de manoeuvre de l'Etat. Il est en effet légitime de se demander si ces aides, qui concernent notamment des exonérations de charges sociales, mais pas seulement, sont vraiment utiles. Les radicaux y voient trois défauts principaux :
- en quoi ces aides, financées par des impôts qui pénalisent l'effort productif, seraient-elles plus efficaces que la baisse des impôts que rendrait possible la suppression de ces aides ? au lieu de prélever des impôts sur les entreprises pour ensuite les redistribuer à ces mêmes entreprises, avec une efficacité douteuse, ne pourrait-on directement réduire les impôts sur les entreprises, notamment les PME ? En effet, plus ces aides ont été importantes, et plus l'emploi et les salaires ont stagné : il y a là de quoi s'interroger...
Un événement important. Notons la présence, lors de la remise du prix de la Laïcité, de Corinne Lepage, candidate à l'élection présidentielle soutenue par l'U2R
Bertrand Delanoë Anne Hidalgo
Maire de Paris 1re adjointe
vous invitent à la remise du
PRIX DE LA LAICITE 2007
du Comité Laïcité République
vendredi 26 janvier 2007
de 14 à 19 heures
à l’Hôtel de ville de Paris
Conclusion des débats : Patrick Kessel, président d’honneur du CLR
Remise des Prix - Prix national : Le café parisien La Mer à boire, qui a organisé à Belleville une exposition de caricatures sur le thème de la religion - Prix international : Naser Khader, député au Parlement danois
Les débats seront animés par Marc Riglet-Chevanche, journaliste
Pour suivre la campagne de Corinne Lepage, à laquelle l'U2R est associée, il est possible :
Par ailleurs, nous rendrons compte régulièrement de cette campagne sur notre blog.
Les radicaux soutiennent donc Corinne Lepage lors de cette campagne présidentielle. Cela ne surprendra que les naïfs, ou les nostalgiques d'une république figée dans un passé révolu. Or la république n'est pas une nostalgie, ou alors, elle est la nostalgie de l'avenir. Loin de regarder dans le rétroviseur, la république est avant tout une méthode, un outil pour résoudre les problèmes de son temps. Les radicaux ont su avec elle résoudre la question politique au XIXème siècle en imposant le suffrage universel ; ils ont apporté tout au long du XXème siècle des réponses à la question sociale grâce au solidarisme de Léon Bourgeois. Aujourd'hui, l'un des défis les plus redoutables de notre temps est l'écologie : la République doit là encore être l'outil capable de créer les conditions d'un développement durable. Face aux écologistes intégristes qui ne croient qu'en des mesures autoritaires dont on sait qu'elles pénaliseront les plus pauvres, face aux libéraux persuadés que la toute-puissance du marché peut résoudre le problème de l'épuisement des ressources naturelles, les radicaux sont eux convaincus que seules des méthodes démocratiques et républicaines permettront de mettre en place une société plus respectueuse de la nature. En cela, les radicaux restent fidèles à leur héritage : Michel Crépeau, figure emblématique du radicalisme de gauche, maire exemplaire de la Rochelle, premier ministre de l'environnement d'un gouvernement de gauche, n'était-il pas finalement un précurseur de l'écologie ? Les radicaux n'ont-ils pas dès les années 1970 fait figure d'avant-garde en affichant très tôt leurs préoccupations pour l'environnement ? Choisir Lepage, c'est donc prolonger le combat républicain de nos ancêtres radicaux, c'est aussi faire le choix de la fidélité de nos engagements passés, c'est enfin faire vivre l'idée républicaine dans la France de 2007, en la débarassant de cette couche de naphtaline qui la rend inaudible aujourd'hui.
Cela suffirait en soi pour rallier la candidature de Lepage. Mais le spectacle désolant de la pré-campagne ne peut que nous conforter dans notre choix. Les retraits successifs de Fabius et de Chevènement ne laissaient pas, en effet, dans le paysage politique, d'autres candidats plus républicains que Corinne Lepage. A droite Dupont-Aignan, certes sympathique par son courage, campe sur une vision gaulliste de la France et du pouvoir bien peu compatible avec les idéaux radicaux ; par ailleurs, son positionnement à droite ne peut que décourager les républicains de progrès. A gauche, les Verts sont décidément bien peu républicains, qu'il s'agisse de leur fédéralisme européen quasi-théologique ou de leur proposition irréaliste de régularisation systématique des sans-papiers. La gauche dite "anti-libérale" fait, de son côté, des propositions trop peu crédibles pour exercer le pouvoir et s'avère incapable de transformer le "non" du 29 mai en un engagement positif et constructif. Quant à Ségolène Royal, ses premiers pas en campagne confirment certaines de nos craintes exprimées lors des primaires PS.
Dans ce désert qui pourrait conduire certains républicains à désespérer et à se retirer sur leur Aventin, la candidature de Corinne Lepage apparaît comme une divine surprise. Voici une écologiste de terrain, loin des discours moralisateurs, avocate réputée et efficace des causes écolos, qui n'hésite pas, tel David contre Goliath, à assigner devant les tribunaux les grands groupes industriels ; voici une femme courageuse qui, bien que née à droite, s'en éloigne, s'apercevant comme le disait Mitterrand que "la droite n'a pas d'idées, seulement des intérêts" ; voici une femme qui s'entoure de talents comme le journaliste André Bercoff ou l'universitaire Jean-Pierre Dupuy et qui sait rester à l'écoute de la société civile ; voici, enfin, une femme qui a compris que l'engagement écologiste ne prenait son sens que dans sa dimension républicaine et laïque.
Bref, tout concourt à ce que les radicaux, tous les radicaux, et au-delà, tous les républicains sincères, rejoignent Corinne Lepage. Célébrons ensemble les noces de l'écologie et de la République : et que vive la "république durable"
Egale, le club du sénateur radical Gérard Delfau, organise au Sénat, salle Monnerville, un colloque sur les liens entre laïcté, identités et intégration. L'U2R y est associée puisque son président, Emmanuel Dupuy, animera la table ronde sur l'intégration. Corinne Lepage, candidate à l'élection présidentielle, participera également
Animation fil rouge : Marc HORWITZ
E. Dupuy, animateur
Jean-Claude BOUAL, Réseaux Services Publics
Mohammed SIFAOUI, Journaliste
Sophie DIMITROULIAS, AFEM
B. Ferrand animateur
Corinne LEPAGE, présidente de Cap 21
Randolph VOYARD, Président de la Banque Haïtienne de Développement
Cédric BAYLOCQ SASSOUBRE, Doctorant en anthropologie, Univ. Bordeaux II
Daniel LEFEUVRE, Université Paris VIII
Un autre regard :
Arezki BAKIR, Nafa KIRECHE, auteurs de « Lettre ouverte aux candidats à la présidentielle 2007 »
M. CERF animatrice
Jean-Pierre BRARD, Maire de Montreuil (93)
Gérard d’ANDRÉA, Président APMCJ
Abdallah MIRGANE, Président du Cercle de la réunion des amis des Comores
Kebir JBIL, Co-fondateur de l’Institut pour la Défense de la Démocratie et ancien Président du Mouvement des Maghrébins Laïques de France
16h00 – Conclusion par Gérard DELFAU, sénateur, président d’EGALE, auteur de « Du principe de Laïcité, un combat pour la République », Éditions de Paris, 2005.
Les valeurs de la République et du radicalisme sont plus que jamais d’actualité, non seulement en France, mais dans l’ensemble du monde, et ce tant au niveau de la philosophie politique que de l’actualité géopolitique. L’Union des Républicains Radicaux (U2R) agit depuis plusieurs années en faveur de la promotion de leur modernité. L’U2R réunit pour cela des militants, des élus, des intellectuels mais aussi des responsables associatifs et des acteurs économiques et sociaux au contact des réalités quotidiennes.
Alors que le pays a plus que jamais besoin de République pour relever les défis du nouveau siècle, l’esprit républicain est en passe de n’être pas présent lors de l’élection majeure qu’est l’élection présidentielle, si ce n’est sous la forme nostalgique d’un souverainisme passéiste.
Une seule candidature est profondément empreinte d’esprit républicain : celle de Corinne Lepage. Seule Corinne Lepage articule les valeurs humanistes, féministes et laïques, essentielles pour répondre aux défis sociétaux de la mondialisation, à la question vitale de l’avenir, celle du devenir écologique de la planète et de sa survie. Contrairement à ce que d’aucun cherche à faire croire, la question écologique est fondamentalement une question politique, en ce qu’elle engage des choix de société. Face à une logique libérale du chacun pour soi et de la liberté de polluer en paix, face à un extrémisme écologique posant l’homme comme un animal nuisible à abattre, seule la République, parce qu’elle met le « bien commun » (Res Publica) et l’homme au centre, est à même de construire cette société de l’avenir réconciliant l’homme et la nature.
C’est pourquoi l’U2R appelle tous les radicaux et tous les républicains à rallier avec elle Corinne Lepage, candidate écologiste, humaniste et laïque, et à construire à l’occasion de l’élection présidentielle un vaste rassemblement écolo-républicain résolument tourné vers l’avenir.
Le bureau de l’U2R