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dimanche 25 février 2007

Contre les statistiques ethniques

Discriminations Libération du vendredi 23 février 2007 a publié une pétition contre l'établissement de statistiques ethniques, que réclament certaines associations (le CRAN par exemple). L'hostilité à ces statistiques ethniques repose sur deux arguments : il est dès aujourd'hui possible de mesurer l'ampleur des discriminations raciales sans recourir à ces outils, dangereux. Par ailleurs, de telles statistiques n'ont d'intérêt que si la discrimination positive était mise en place : or, on sait ici les réserves que nous avons vis-à-vis  d'elle (voir note du 24 février ). C'est pourquoi nous sommes signataires, individuellement et collectivement (U2R) de cette pétition et encourageons tous les républicains à la signer. Pour signer la pétition : pétition contre les statistiques ethniques

Engagement républicain contre les discriminations
Par Jean-François AMADIEU, Patrick WEIL, Dominique
SOPO, Samuel THOMAS, Mouloud AOUNIT

La lutte contre les discriminations et pour une véritable égalité suppose des actions vigoureuses. Celles-ci consistent notamment à soutenir les efforts du système éducatif, à moderniser profondément les processus de recrutement et de déroulement de carrière, à ouvrir et garantir l'accès de tous aux biens et services. Nous, signataires de cet engagement, partageons la conviction de l'importance de cet enjeu, le diagnostic des efforts qu'a encore à effectuer la France en ce domaine, et avons un objectif commun d'égalité.

Pour évaluer les discriminations en raison des origines et pour mesurer les progrès réalisés, il faut disposer de données statistiques. Les informations actuellement disponibles permettent de constituer de telles données. Des enquêtes par tests, consacrées par la loi en 2005, permettent de mesurer les discriminations par exemple dans l'accès au logement, à l'emploi ou encore aux boîtes de nuit. Dans les entreprises et dans les enquêtes nationales, nous disposons d'informations comme la nationalité ou le pays de naissance du répondant (ou de ses parents, parfois). Le prénom des individus est également disponible et suffisamment corrélé aux origines. Il est donc parfaitement possible en l'état actuel de mesurer les phénomènes discriminatoires, c'est-à-dire l'inégalité des chances d'accès à un emploi, au logement ou à certaines formes de consommation. Les discriminations en raison des origines, du handicap, du sexe, de l'âge, de l'apparence physique ou encore du lieu de résidence font déjà l'objet de mesures précises.

Vouloir aller plus loin en sollicitant des individus qu'ils déclarent leur ethnie, leur «race», leur religion ou encore leur orientation sexuelle est inutile dans le cadre de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité des chances. Inutiles, les statistiques ethniques sont également dangereuses. Loin de donner une image de la diversité, elles reviendraient à la simplifier outrageusement. Il est impossible de classer une population d'origines multiples en représentant cette diversité. Une classification unique serait forcément réductrice et inappropriée. Elle inventerait des groupes qui n'existent pas, créerait des divisions là où il y a rapprochement, suggérerait homogénéité là où il y a diversité, mettrait des frontières là où il y a continuité. Les statistiques ethniques auraient pour effet de faire droit à la notion de «race» - dont chacun reconnaît le caractère non-scientifique et le danger - et de développer les affrontements
communautaires.

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La Laïcité face aux textes de l'Union européenne

Lacit Une des raisons qui a motivé notre rejet du traité constitutionnel européen résidait en partie dans les menaces qu'il faisait peser sur la laïcité, à travers ses articles 52 et 70, notamment. A l'heure où il est question de soumettre aux Français un nouveau Traité, réduit à ses deux premières parties, abandonnant ainsi la troisième partie économique, très critiquée, mais conservant les tristement fameux articles 52 et 70, Gilbert Legeay nous rappelle ici combien notre conception de la laïcité pourrait être remise en cause si le droit européen venait à primer sur le droit français.

  La loi de 1905 qui, en France institue la séparation des Églises et de l'État, résistera-t-elle aux jurisprudences des cours de justice instituées par les traités ?

Nous sommes à deux mois de l’élection présidentielle, et les candidats qui se succèdent sur nos écrans s’affirment, presque tous, partisans sincères de la laïcité. Seule l’idée d’un toilettage vient troubler périodiquement cette belle unanimité. Mais il n’est pas certain que nous parlions tous de la même chose, et que progressivement, on ne tente pas de nous persuader que la laïcité se résume à la liberté de conscience de l’article 1 de la loi de 1905, oubliant en chemin que l’article 2 de cette même loi institue la séparation des Églises et de l’État. Or ceux qui confondent liberté de conscience et liberté de religions écartant de leur réflexion les athées et les agnostiques.

La confusion subsiste d’ailleurs, depuis que certaines voix autorisées ont affirmé que l’Europe était laïque par prétérition, c’est à dire laïque sans le savoir, mais que cette même laïcité ne pouvait être acceptée parmi les valeurs communes de l’Europe!

Cette confusion persuada nombre de fervents partisans de la laïcité, de voter oui le 29 mai 2005, croyant de bonne foi que la loi de 1905 serait préservée, en particulier par l’article I-5 du projet de traité constitutionnel européen, qui stipulait, sous le titre Relations entre l’Union et les États membres :

L’Union respecte l’égalité des États membres devant la Constitution ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles, …

Cet article confirme en théorie que nul ne peut contester que la France est une République « indivisible, laïque, démocratique et sociale », qui assure l’égalité devant la loi de « tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », avec un régime parlementaire bicaméraliste, soumis à la démocratie représentative, etc. Mais cela ne concerne pas le corpus des lois, lesquelles peuvent être modifiées au gré des circonstances. Rien ne s’oppose par exemple à ce que la loi de 1905 soit un jour « toilettée » par un vote des députés. Cette éventualité est d’autant plus difficile à exclure que l’article 6 du traité stipule :

La Constitution et le droit adopté par les institutions de l’Union, dans l’exercice des compétences qui sont attribuées à celles-ci, priment le droit des États membres.

Dans un tel contexte, la laïcité est potentiellement menacée à la fois par des forces intérieures, à gauche comme à droite, et par la pression des instances européennes qui chercheront à nous faire entrer dans la « normalité ». Car cette normalité est affirmée dans le projet de traité constitutionnelle européen par l’article 52/3 (maintien d’un dialogue transparent et régulier avec les Églises) et l’article 70 (droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion). Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

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samedi 24 février 2007

Suicide collectif autour du cercueil de l'abbé Pierre

Nous reproduisons ici un bon article d'Anne-Cécile Robert, journaliste au Monde Diplomatique, et co-auteur avec André Bellon de petits ouvrages de réflexion politique remarquables. L'article publié ici a été initialement publié dans le N°6 de la lettre de République!

Abbpierre La disparition du héros de la charité  a donné aux politiciens l'occasion de mettre en lumière leurs démissions successives, celles qui ont fait progresser la misère en même temps qu'elles ont réduit les droits réels issus de la solidarité nationale.

Le décès de l’abbé Pierre a suscité une vague de réactions au plus niveau de l’État. Le président de la République, qui assistait aux obsèques, a ouvert le défilé des personnalités devant le cercueil du fondateur d’Emmaus tandis que le président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré demandait aux députés d’observer une minute de silence. Ce qu’ils firent de bonne grâce. Le ministre de l’emploi Jean-Louis Borloo a, quant à lui, proposé que la loi sur le droit au logement opposable porte le nom de l’abbé Pierre. Quelles que soient les immenses qualités de cet abbé hors normes – résistant, député – cet hommage national a quelque chose de pathétique.

En effet, comment les élus ne voient-ils pas que c’est leur propre incurie qu’ils célèbrent ? En effet, toute l’action de l’abbé Pierre a consisté à se dresser contre la défaillance des pouvoirs publics et il ne s’est pas privé, dans la période récente, de manifester sa colère contre leur timidité. En célébrant le fondateur d’Emmaus, la classe politique mettait un coup de projecteur sur ses propres carences.

Rarement symbole plus éclatant ne fut donné du transfert consenti de la solidarité nationale à la charité privée. Dans la société libérale, dont on nous vante souvent les mérites au travers du modèle blairiste que Mme Ségolène Royal affectionne, la puissance publique abandonne à l’énergie des associations (que la meilleure gagne !) ses obligations envers les plus faibles et les plus démunis. Dans ce monde-là, mieux vaut souffrir d’un problème à la mode et être prêts à exhiber sa face émaciée ou malade sur une affiche publicitaire en noir et blanc (ça fait chic), si l’on veut espérer s’en sortir. En célébrant la charité, notre société creuse la tombe de la dignité humaine : seule la puissance publique, au travers de la solidarité nationale, garantit la dignité de tous car elle énonce des droits sans que les bénéficiaires aient à dire merci à qui que ce soit.


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Contre la discrimination positive

Discrimination Nicolas Sarkozy, en déplacement à Perpignan, a déclaré, devant une cinquantaine de jeunes, qu'il était "le seul à défendre la discrimination positive". (Le Monde du 24 février). Qu'il soit le seul n'est pas fait pour nous rassurer. Il convient en effet de rappeler quelques évidences : une discrimination positive en faveur de certains est toujours une discrimination négative, et par là-même inavouable, au détriment des autres. Par ailleurs, le risque de la discrimination positive est d'essentialiser les différences en sacralisant les identités : elle risque ainsi d'alimenter les rivalités et les frustrations entre communautés.

Or, la République est indivisible : en d'autres termes, elle ne reconnaît aucune communauté, et ne parle qu'aux individus. Disant cela, nous ne sommes cependant pas aveugles : et nous voyons bien, comme les autres, que les promesses de la République ne sont pas toujours tenues, singulièrement à l'égard des Français d'immigration récente. Pour autant, la discrimination positive (bel oxymore comme en raffole notre époque) est-elle la solution ?

Poser la question, c'est sans doute déjà y répondre. La crise que traverse notre pays est avant tout une crise nationale et une crise sociale. La discrimination positive n'est en fait qu'un aveu d'impuissance : elle signe le renoncement de ceux qui se résignent à voir le lien national et social se déliter, plutôt que d'en combattre les causes.

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vendredi 23 février 2007

Election à l'aveugle

Frbellon2 André Bellon est un ami : ancien président PS de la Commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée nationale, il est depuis sa fondation un compagnon de route de l'U2R. Dans le numéro 6 de la lettre République!, il présente son point de vue sur l'élection présidentielle. Si nous ne tirons pas la même conclusion que lui (il prône finalement le vote blanc, là où nous pensons avoir le devoir de nous engager), nous partageons une partie du diagnostic : sa réflexion, stimulante, mérite donc de figurer ici.

Le complexe médiatico-industriel anime la campagne électorale à sa manière. Les candidats plus ou moins fabriqués pour modeler le paysage politique s’agitent pour trouver les petites images, les petites phrases et les petits mots qui, seuls, pourront les rendre différents les uns des autres.

Les instituts de sondage, véritables bureaux d’étude de la presse dominante, rivalisent d’invention. On apprenait ainsi une miraculeuse nouvelle dominicale, le 18 février : 79 % des français pensent, à plus de deux mois de l’élection, que la présidentielle n’est pas jouée ! Bientôt, nous lirons des sondages qui révéleront que 82,78543 % des français « pensent » qu’il fait plus chaud en été qu’en hiver. Certes, les affaires sont les affaires, et l’IFOP, présidé par Mme Parisot qui se consacre aussi aux destinées du patronat, doit bien montrer à quel point ces études d’opinion sont indispensables au pays. Cependant, cette farce montre surtout à quel point les classes dirigeantes du pays et les systèmes idéologiques qui les servent sont impuissants à maîtriser les forces politiques, économiques et sociales qui sont réellement à l’œuvre.

C’est ce qui s’est passé pour l’élection de 2002 et pour le référendum du 29 mai 2005. Ainsi le système a-t-il mis en scène des candidats officiels, d’un côté et, de l’autre côté, une série de candidats « de témoignage » au milieu desquels l’énorme majorité du peuple sera dans la quasi impossibilité de faire un choix raisonné.

En effet, les problèmes les plus importants pour l’avenir du pays sont évacués. Même le social, s’il est traité, ne l’est que sous l’angle de la charité. La république, elle, continue de souffrir de l’engagement européen des candidats chéris de la presse et de leurs soutiens actuels et futurs. La laïcité se dilue dans un discours fumeux sur le respect des autres et les pratiques des autres pays européens. Quant à la Constituante dont l’urgence pour remettre en selle la République a été mise en évidence à l’occasion du référendum européen, qui en parle ?

Interview de Corinne Lepage

Corinne Lepage a donné une interview au magazine en ligne Europeus : les deux videos sont visionnables ici . Au menu de l’entretien, les fameuses 500 signatures, l’emploi, les relations nord-sud, et cœur de la réflexion de la candidate, une volonté: mettre en œuvre un véritable "New Deal écologique". 160 propositions concrètes applicables à tous les niveaux de la société : médecine, finance, commerce, formation, etc… Rien n’y échappe.

jeudi 22 février 2007

Le programme présidentiel de Corinne Lepage

Conf_presse Corinne Lepage a présenté son programme hier : 160 mesures pour une France plus républicaine, plus laïque, plus juste, plus écologique. De quoi donner un peu d'air frais à une campagne présidentielle qui en manque cruellement. Son programme est consultable à cette adresse :Programme présidentiel de Corinne Lepage

Nous publions pour nos lecteurs quelques unes des mesures que nous jugeons les plus emblématiques

Une France plus dynamique : une croissance durable pour rétablir le lien social
3- Mettre en place un indicateur de bien-être économique, pour compléter celui du PIB, trop imparfait
10- Inscrire l’équilibre du budget de fonctionnement comme principe constitutionnel, pour éviter la spirale de l'endettement
12- Substituer la TVA sociale aux cotisations sociales, pour favoriser l'emploi et consolider le financement de la protection sociale
14- Créer un fonds alimenté par les bénéfices des sociétés pétrolières pour financer des prêts à taux zéro vers les PME ou les jeunes créateurs d'entreprises
39- Lancer un New Deal écologique créant en 5 ans 300.000 emplois dans les Nouvelles technologies de l’Environnement (NTE)
41- Favoriser les PME dans les NTE : prêts à taux zéro, 20% des marchés publics
42- Faire de la Caisse des Dépôts et Co,signation le fer de lance du micro-crédit et du financement des PME
53- Réduire les délocalisations en favorisant la création de fonds territoriaux citoyens défiscalisés, permettant aux épargnants locaux de soutenir une entreprise en difficulté
54- Lutter contre les fonds de pension en exigeant que les acquisitions d'entreprises soient payées cash
58- Instaurer le principe de préférence communautaire pour éviter le dumping des pays sans protection sociale
88- Droit à l’initiative économique grâce à un prêt de l’Etat de 10.000 euros

Une France tournée vers l'avenir : priorité à l'éducation et à la recherche
71- Développer la formation tout au long de la vie (capital formation de 20 ans)
74- Décréter l’urgence éducative en maternelle
78- Affecter 1% des revenus du sport et des jeux aux universités
80- Intégrer un service civil dans le parcours de formation
81- Affecter 3% du PIB à la recherche
152- Relancer les projets fédérateurs à l’échelle européenne : recherche, environnement

Une république démocratisée : vers un meilleur équilibre entre pouvoirs et contre-pouvoirs
86- Référendum d’initiative populaire
94- Assurer l’indépendance de la presse dans l’esprit de l'ordonnance de 1944 du Conseil National de la Résistance, pour limiter la concentration de la presse
106- Mettre en place une VIème république
108-  Non cumul des mandats, pas plus de deux mandats consécutifs
109- Introduction de la proportionnelle au Sénat et à l’AN
124-  Constitutionnaliser les articles 1 et 2 de la loi 1905

Une république écologique : réconciler l'économie, l'emploi et le développement durable
2-Lancer un plan Climat qui prévoit notamment la réduction des gaz à effets de serre de 15% en 5 ans
6- Expertiser scientifiquement les OGM avant de les généraliser
11- Généraliser le principe pollueur-payeur
29- Favoriser le transport ferroviaire et fluvial en instaurant un moratoire sur la construction d’autoroutes et en taxant le transport routier
30- TVA à 5,5% pour les véhicules les moins polluants ; prêts à taux zéro pour les ménages à faibles revenus souhaitant acquérir ces véhicules
50- Instaurer un moratoire sur les OGM en plein champ


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mercredi 21 février 2007

De l'air !

Sgosarko Oui, de l'air : la campagne électorale est en effet écrasée par les assauts répétés des deux rouleaux compresseurs Sarkozy et Royal. Au-delà des piques assassines, des coups bas, de la multiplication des articles dignes de la presse people (dont Le Monde semble faire partie désormais),  qui scandent une campagne envahie par les communicants, le débat engagé entre les deux candidats "officiels" des medias ressemble de plus en plus à un jeu de dupes, fort éloigné de ce qu'en attendent les Français. Force est de constater, en effet, qu'aucun des deux ne proposent rien qui soit à la hauteur des enjeux réels du pays.

D'un côté, Nicolas Sarkozy promet chaque jour de nouvelles baisses d'impôts (un jour les droits de succession, le lendemain la détaxation des cotisations sociales qui pèsent sur les heures supplémentaires), qui, en creusant le déficit budgétaire, ne feront qu'alimenter une dette publique déjà élevée et entretenir ainsi le marasme économique. Simultanément, avec le bagout d'un camelot vendeur de cravates sur le boulevard Haussmann, il nous promet sans cesse plus de sécurité, lui qui a fait passer en 5 ans le plus de lois sécuritaires, avec les piètres résultats que l'on sait. Enfin, il continue à lancer des clins d'oeil aux différentes communautés religieuses, comme si la loi 1905 était devenue un boulet trop lourd à porter, tout en défendant la discrimination positive, dont on sait qu'elle peut être un poison mortifère pour la République, puisqu'elle cloisonne là où il faut unir, qu'elle tranforme le droit à la différence en différence des droits, et qu'elle ethnicise les problèmes en sacralisant les identités. Libéralisme, communautarisme, atlantisme sont-ils vraiment les solutions adaptées à la guérison du mal français ?

De l'autre, Ségolène Royal a présenté un programme qui ressemble plus à un plan d'urgence sociale à court terme qu'à un projet présidentiel. Chaque catégorie en difficulté se voit en effet attribuer une allocation, une aide, une subvention : là où il faudrait plutôt investir dans le capital humain pour émanciper les individus, aider chacun à se constituer un capital financier via l'accession à la propriété, privilégier le micro-crédit pour favoriser le dynamisme des quartiers par la création d'entreprises, Ségolène Royal prend le risque de voir se développer un assistanat, qui ne résout aucun problème de fond. Une politique fondée sur la seule redistribution ne fait en effet qu'arroser le sable, qu'alimenter les frustrations, qu'entretenir les problèmes au lieu de les résoudre. Les nouvelles mesures proposées, fort coûteuses, ne sont d'ailleurs pas financées : là encore l'Etat devra emprunter un peu plus, alors que le remboursement des intérêts d'une dette devenue obèse représente déjà le deuxième poste budgétaire de l'Etat. Enfin, le programme de la candidate socialiste ne semble s'adresser qu'aux plus démunis, désespérant ainsi une classe moyenne à qui l'on ne propose rien d'autre que de participer financièrement, fût-ce au prix d'une baisse régulière de son pouvoir d'achat, au tonneau des Danaïdes de la redistribution sans fin. La république peut-elle s'affermir par les méthodes d'une gauche devenue uniquement compassionnelle ?

Face à ces deux rengaines idéologiques (Dieu sait si on les a entendus ces dernières années, les couplets sur la baisse des impôts à droite, et la hausse des dépenses publiques à gauche), il faut oser proposer une voie républicaine, qui ne soit ni libérale, ni sociale-démocrate. Une voie qui ne soit ni celle du renard dans le poulailler, ni celle de l'assistanat généralisé, mais celle de l'émancipation de l'individu protégé par des institutions fortes et justes. Une voie qui réponde à la triple crise nationale, sociale et institutionnelle que traverse le pays. Une voie qui propose un chemin, une espérance, un projet, au lieu de dresser le portrait d'une France qui doit se résigner au déclin, d'une France confite dans la peur de l'avenir, d'une France qui n'aurait d'autre ressource que de se réfugier dans la nostalgie du passé et la repentance. Une voie qui enfin parle de l'enjeu écologique, que les deux candidats semblent mésestimer, même si Ségolène Royal y semble plus sensible que Nicolas Sarkozy.

Lepage2 De l'air donc, pour échapper au vieux numéro de duettistes que veut nous imposer le théâtre fatigué de l'UMPS. D'autres candidats doivent pouvoir se faire entendre, et parmi eux, celle dont nous pensons qu'elle représente le plus fidèlement nos idées, Corinne Lepage. Sortons des figures imposées de l'opposition binaire entre PS et UMP et faisons entendre la voie de la République. Et avec Corinne Lepage, donnons du sang neuf à une démocratie qui s'étiole.

Meeting pour le Darfour

Sld2 L'association Sauver le Darfour, que nous soutenons, s'étonne du silence des autorités sur le drame qui se joue là-bas. Un meeting le 1er mars à Boulogne est donc organisé pour sensibiliser l'opinion et les dirigeants français. Corinne Lepage, candidate des radicaux à la présidentielle, y sera présente. Venez nombreux !

Une mobilisation pour sauver un peuple :

http://www.sauverledarfour.org

En silence, tout comme il y a douze ans au Rwanda, se déroule le premier génocide du 21ème siècle dans une région de l'Ouest du Soudan, de 6 millions d'habitants, le Darfour.

Depuis l'hiver 2003, 300 000 hommes, femmes et enfants y sont morts de l'incurie médiatique et politique. Aujourd'hui, 3 millions de personnes ont été déplacées de cette région et  500 000 personnes dépendent de l’aide internationale.10 000 personnes y meurent chaque mois.

Six résolutions de l’ONU sont restées inappliquées. Selon l’ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le Darfour est "l'enfer sur terre". Aujourd’hui, seule l'intervention des Casques bleus en vertu de l'article 42 du chapitre 7 de la Charte des Nations Unies permettrait de prévenir ou de réagir, contre les attaques sur les populations civiles du Darfour et de protéger les travailleurs humanitaires afin qu'ils remplissent leurs missions en toute sécurité.

La décision de faire cesser le génocide au Darfour par les Casques bleus incombe en premier ressort aux 5 Etats membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Si une résolution n'est pas prise en ce sens, c'est notamment parce que l’ONU est immobilisée par les vetos chinois et russes, partenaires économiques privilégiés du régime soudanais et que les peuples des membres du Conseil de sécurité ne les interpellent pas sur ce sujet.

De l’indifférence des peuples naît l’inaction des gouvernements. Pour sortir de l’impasse actuelle, la France doit prendre une initiative diplomatique.

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jeudi 15 février 2007

L'U2R invitée au Congrès du RCD

Rcd L'U2R a été invitée la semaine dernière au 3ème Congrès du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), présidé par Saïd Sadi. Emmanuel Dupuy, président de l'U2R, y a rappelé les convergences entre nos deux mouvements laïques. Il a également  affirmé notre soutien à l'égard d'un mouvement qui milite pour la démocratie, le pluralisme politique et la promotion des valeurs humanistes en Algérie. Il est temps en effet que l'Algérie tourne la page de l'obscurantisme religieux et qu'elle se lève enfin pour refuser le népotisme, la corruption, l'autoritarisme et le recul des libertés fondamentales. Le Maghreb, vers qui la France doit tendre une main fraternelle, mérite mieux que ses gouvernements actuels. L'U2R soutient totalement le RCD dans cette lutte. Pour les radicaux, le combat pour la république et la laïcité ne saurait avoir de frontières.

Emmanuel Dupuy a également présenté un témoignage d'amitié de Corinne Lepage, la candidate des radicaux pour la présidentielle de 2007.

L'intégralité du discours de Saïd Sadi est consultable sur le site du RCD