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dimanche 29 avril 2007

Pour la création d’un grand parti radical

Roseorange La rénovation de la vie politique est en marche : l’annonce par François Bayrou de la création du Parti démocrate, le dialogue qu’il a su entamer au delà de la frontière gauche-droite avec Ségolène Royal, sont autant de signes d’une décrispation de la vie politique que les radicaux appellent de leurs vœux depuis des années. Il ne faudrait pas cependant que cette ouverture du jeu politique ne soit qu’un feu de paille, qu’une espérance de printemps déçue par l’été. C’est pourquoi  nous en faisons un critère essentiel pour le choix de celui qui endossera dimanche prochain les habits de président(e) de la République. Les radicaux appellent donc les électeurs à voter pour le candidat qui leur semblera le plus apte à favoriser le renouvellement du jeu politique et de permettre à Bayrou de transformer l’essai marqué le 22 avril.

Au-delà de l’élection du 6 mai prochain, certes décisive, les radicaux sont attentifs à l’idée de construire une force authentiquement républicaine, qui fait actuellement défaut dans le paysage politique français. C’est d’ailleurs ce à quoi nous avons oeuvré inlassablement depuis 2001. C’est donc avec intérêt que nous observons la création du parti démocrate de François Bayrou. Ce n’est pas tous les jours en effet que la vie politique se recompose et qu’un nouveau parti, appelé à peser sur la vie politique, se crée. Les radicaux de l’U2R sont ainsi prêts à se lancer dans cette aventure, avec leurs idées, leur enthousiasme, leurs valeurs ; leurs racines et leur histoire centenaire aussi. Notre position est simple : si ce nouveau parti est confédéral, s’il permet d’y animer un authentique courant radical, s’il est bâti sur des principes laïques et républicains forts, alors nous lui apporterons notre soutien plein et entier et appellerons tous les radicaux, quelle que soit leur chapelle, à venir nous rejoindre pour construire ce grand parti radical dont la France a besoin.

En attendant qu’une réponse soit apportée à leurs interrogations, les radicaux préparent dès maintenant la bataille des législatives de juin prochain : l’U2R investira et présentera en effet à cette occasion plusieurs candidats. Quel que soit le résultat du vote du 6 mai, une page se tourne, une ère s’achève, un nouveau cycle politique commence. Nous l’accueillons comme une chance à saisir : 2007 sera peut-être l’an I de la refondation du radicalisme.

mardi 24 avril 2007

La victoire des républicains

1) Urne2 L'U2R se félicite de la participation exceptionnelle au scrutin présidentiel de dimanche dernier. Elle signifie l'intérêt des Français pour les affaires publiques et la recherche du bien commun : de nombreux citoyens qui s’étaient éloignés des affaires publiques ont su retrouver le chemin des urnes pour y faire entendre leur voix. Simultanément, le vote Le Pen régresse fortement. C’est donc d’abord la république qui a gagné dimanche, ce dont les radicaux ne peuvent que se réjouir Dès lors qu'il y a retour du politique, on peut être optimiste car le citoyen, à condition qu'il le veuille et qu'on lui en laisse les moyens, peut alors retrouver prise sur la société.

Sego 2) En apparence réussi, le pari de Royal est sans doute perdu. Elle ne réunit sur son nom que 25% des électeurs alors qu'elle a déjà entamé largement ses réserves à gauche par le phénomène du vote utile. Le total gauche est historiquement à son plus bas niveau, atteignant à peine 36%. Il est pour nous le signe d'une faillite d'une certaine gauche, qui a cru que l’assistanat suffisait à résoudre les inégalités créées par la mondialisation, qui a oublié que la nation était le cadre naturel de la démocratie et de la solidarité, qui a flatté certains communautarismes, qui a désespéré les classes moyennes en sous-estimant la crise de l’école, qui enfin s’est égarée dans le vote Oui en 2005. Ce constat sévère appelle une réponse : il faudra sans doute refonder demain la gauche autour d'un projet authentiquement républicain. C’est à la lumière de cette ligne politique ferme et claire qu’il faut interpréter nos soutiens à Corinne Lepage et à François Bayrou, ainsi que les contacts pris pour coordonner tous les radicaux, y compris ceux du PRG et de l’UMP, autour du candidat centriste. Il s'agissait d’un côté de donner un avertissement à une gauche qui s’était égarée, loin d’un républicanisme exigeant ; de l’autre, de construire une offre politique novatrice et républicaine.

Bayrou2 3) François Bayrou, pour qui nous avions appelé à voter, réalise incontestablement un très bon score mais hélas manque son pari de bousculer les clivages. Le système politique restera cette fois encore verrouillé par le face-à-face UMP-PS, face-à-face parfois artificiel, souvent stérile, et qui n'est sans doute pas à même de répondre aux défis auxquels la France est confrontée. On ne peut en effet qu’être sceptique quant à la capacité de vieux appareils, devenus de simples écuries présidentielles, à résoudre la triple crise, nationale, sociale et institutionnelle, à laquelle la France est confrontée. Il reste donc à construire le grand parti radical dont la France a besoin : le futur parti démocrate de Bayrou en sera-t-il l'armature ? la réponse sera peut-être donnée dans quelques jours.

Segosarko 4) En attendant, la campagne présidentielle continue. Le second tour opposera donc Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy, au grand soulagement des élites qui craignaient plus que tout que François Bayrou ne bouscule le jeu convenu entre ceux qui se partagent le pouvoir depuis 20 ans. Nous ferons connaître en temps et en heure notre choix. D'ores et déjà, nous refuserons le choix du tout-libéral, du tout-sécuritaire et du tout-communautaire.



mercredi 04 avril 2007

Réflexions sur une campagne

1) Le radicalisme est dans cette campagne éclaté : les valoisiens associés à l'UMP soutiennent Sarkozy, le PRG a rallié Ségo et nous avons de notre côté finalement fait le choix de Bayrou. Cet éclatement montre bien le malaise des radicaux à chaque élection présidentielle : on nous demande en effet de choisir un homme là où nous préférons les principes, les débats de fond, les majorités d'idées. L'élection du président au suffrage universel reste en effet pour nous une perversion de la démocratie : nous le disions en 1962, nous le répétons encore aujourd'hui. La personnalisation du pouvoir qu'elle suscite, la "peopolisation" des moeurs politiques qu'elle produit, la monarchisation de la république qu'elle a engendrée sont autant de défauts qui contribuent à corrompre la qualité du débat démocratique. On le vérifie encore cette année.

Mendes Mendès France, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance, critiquait dès 1962 l'élection au suffrage universel du président :  "Je ne suis pas de ceux qui méconnaissent le rôle fructueux ou désastreux qu’un homme peut jouer dans la vie publique. Nul n’a jugé plus sévèrement que moi ceux qui ont mal gouverné le pays et trahi ses intérêts. Que le pays les juge aussi avec rigueur, qu’il fasse demain de meilleurs choix, je le souhaite de tout mon patriotisme. Mais toutes ses décisions doivent d’abord être fondées sur des volontés précises, sur des objectifs déterminés, sur des contrats clairs.Choisir un homme sur la seule base de son talent, de ses mérites, de son prestige (ou de son habileté électorale ou de son charme télégénique), c’est une abdication de la part du peuple, une renonciation à commander et à contrôler lui-même, c’est une régression par rapport à une évolution que toute l’histoire nous a appris à considérer comme un progrès." La République Moderne, Paris, Gallimard, 1962, p. 91

2) Dès lors cependant que la démocratie française est articulée autour de l'élection présidentielle, dont elle est le pivot, il faut bien choisir : non pas le candidat idéal, qui n'existe jamais, mais le meilleur ou tout simplement celui qui nous semble le moins mauvais. Dans notre conception de la démocratie, appeler à voter pour un candidat ne relève donc jamais d'une allégeance absolue, mais au contraire d'un soutien critique, qui ne masque jamais les réserves que nous pouvons avoir. C'est ainsi qu'il faut comprendre notre soutien à François Bayrou.

3) Parmi les trois candidats suceptibles de remporter le second tour, tous ont appelé à voter Oui en 2005. C'est pour le moins une anomalie. L'un d'entre eux, Sarkozy, ne veut plus entendre parler de référendum à propos des nouvelles institutions qu'il faudra donner à l'Europe : c'est une bonne raison pour le combattre. Les deux autres promettent un référendum et semblent, dans des proportions variables, avoir en partie intégré les arguments des Nonistes. Faute de grive....

4) Nous avons déjà dit plus haut que la concentration des pouvoirs dans une seule main, celle du président de la République, était dangereuse. Pour nous, en bons disciples d'Alain, il ne peut y avoir de pouvoirs sans contre-pouvoirs. Dès lors, le rôle du Parlement est de contrôler le gouvernement (et celui des citoyens est de contrôler ses représentants). Pour ce faire, il faut que l'opposition ait les moyens juridiques d'accomplir cette mission de contrôle. Mais il faut également que la majorité ne soit pas monocolore, qu'il puisse y avoir en son sein une opposition interne qui freine ses excès : à nos yeux, il est préférable que la majorité soit une coalition de deux ou trois partis, entre lesquels la discussion doit permettre des compromis équilibrés. Rien ne serait pire qu'un PS ou une UMP disposant en juin de la majorité absolue au Parlement. Quelles que soient les bonnes intentions des uns et des autres, le monopole du pouvoir aboutit toujours aux mêmes maux : l'abus de pouvoir, le népotisme et l'autisme. C'est sans doute une des raisons qui motivent notre soutien à Bayrou.

mardi 03 avril 2007

François Bayrou s'estime "plus à gauche" que les socialistes sur "bien des sujets"

Nous reproduisons ici un article du Monde du 3 avril sur la campagne de François Bayrou. En se revendiquant plus à gauche que le PS sur certains points, Bayrou reprend à son compte les critiques que nombre de républicains de gauche ont adressé au PS.

Bayrou Le candidat de l'UDF à la présidentielle, François Bayrou, s'est à nouveau posé en rassembleur et en partisan de la raison, lundi 2 avril, lors d'un déplacement à Reims, tout en cherchant à montrer qu'il pouvait se positionner à gauche en attaquant les socialistes sur leur terrain.

Le Parti socialiste, "c'est le parti qui a fait le plus de privatisations, qui a laissé déraper le déficit et la dette, qui a laissé partir les services publics et a fait le mandat de gestion à Lagardère chez Airbus", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse, avant de tenir meeting devant plus de 3 000 personnes à Reims. "Je prétends que sur bien des sujets, je suis plus à gauche qu'eux. Il y a des jours où j'ai l'impression de défendre davantage de valeurs que cette gauche-là. Il y a des choses que le Parti socialiste a oubliées", a affirmé le candidat de l'UDF en disant défendre des "valeurs plus républicaines".

Il a rappelé être monté à la tribune de l'Assemblée nationale "tout seul" pour défendre l'allocation spécifique de solidarité (ASS) des chômeurs que le gouvernement Raffarin voulait supprimer, et être "allé tout seul au Conseil d'Etat" pour protester contre la privatisation des autoroutes. "Je n'ai pas beaucoup entendu la gauche à ces moments", a-t-il dit. Et, tout en affirmant que "la solidarité est le premier des devoirs de l'Etat", François Bayrou a expliqué ne pas avoir "la même idée de la solidarité qu'ont les dirigeants du Parti socialiste".

Il a dit son opposition à la décision de la région Ile-de-France, présidée par le socialiste Jean-Paul Huchon, d'accorder la gratuité des transports en commun aux RMistes car "bientôt, il n'y aura plus de différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas".

Le candidat centriste s'était auparavant rendu, quelques instants, chez le fabricant d'outils de découpe et d'emboutissage de tôle Chausson à Bazancourt, dans la banlieue rémoise. Confronté à un manque de débouchés, l'usine est en passe de fermer faute de repreneurs. 182 emplois sont en jeu. "Le terrain apprend plus de choses que les mots", a commenté François Bayrou, sans préconiser de solution particulière. Les salariés n'en demandaient pas non plus. "Ce qu'on veut, c'est qu'on parle de nous", a dit François Léger, délégué CFDT du comité d'entreprise.

Le président de l'UDF a décrit un pays en situation de crise "exceptionnelle", en proie au chômage – selon lui,"sous-estimé" : il a considéré le véritable nombre de chômeurs à 4 millions –, au fardeau de la dette et aux problèmes des banlieues, pour défendre à nouveau la nécessité d'un gouvernement rassemblant par-delà le clivage droite-gauche. "A crise exceptionnelle, il faut une réponse exceptionnelle", a-t-il fait valoir. "Je nommerai un gouvernement dans lequel je prendrai bien soin de présenter des visages nouveaux, des expériences nouvelles, qui représentera aussi équitablement que possible les grandes sensibilités du pays", a-t-il promis.

François Bayrou a aussi marqué sa différence sur le thème de l'immigration, alors que Jean-Marie Le Pen tenait meeting à Reims en même temps que lui. "L'immigration n'est pas la cause de tous nos maux. Les difficultés que nous rencontrons avec l'immigration ne sont pas la cause des difficultés de la nation. Elles en sont la conséquence", a-t-il affirmé en prônant "la raison, le respect réciproque et la compréhension".

"Il faut éviter de faire monter les tensions, les affrontements entre les différentes catégories de Français", a-t-il affirmé en faisant appel "à la raison". "Nous ne voulons pas aller dans le sens de ce qui excite les affrontements, les ressentiments et les haines. Nous allons devoir vivre ensemble, et c'est ensemble qu'il va falloir que nous sortions le pays de la crise", a-t-il lancé sous les applaudissements.

Il a critiqué, sans la nommer, Ségolène Royal pour avoir fait "je ne sais quelle utilisation" du drapeau tricolore dans le débat sur l'identité nationale. "La France, ce ne sont pas les signes extérieurs de la nation. Dans notre pays, c'est la République  qui a fait la nation et pas la nation qui a fait la République", a-t-il fait valoir.

François Bayrou présentera ce mardi, à la mi-journée, son programme.


                                                       

Présidentielles 2007 : pour qui voter ?

Kébir JBIL a animé longtemps le Mouvements des Maghrébins Laïques de France. Il explique ici pourquoi il votera Bayrou

Cette question m’obsède depuis plusieurs mois. Depuis que nous avons eu la nième preuve que la gauche n’avait pas tiré les leçons des élections de 2002 et qu’elle allait se consacrer aux batailles intestines, propices au retour des éléphants accrocs au pouvoir pour le pouvoir. Ceux-là même qui ont laissé Lionel Jospin aller jusqu’au bout de son suicide politique en 2002. Et souvenons-nous que sans un élan démocratique, qui a uni électeurs de gauche et de droite au profit de Chirac, l’extrême droite aurait enfin triomphé, en grande partie grâce à la pratique politique de la gauche traditionnelle.

Comme la majorité de mes concitoyens, je suis et resterai traumatisé par ce coup de semonce qui a fait vaciller la République l’espace d’une quinzaine. Je suis désormais plus exigeant. Je juge sur pièce ! Vient automatiquement la question pénible. Qui voter ? Ségolène ? Bayrou ? Sarkozy ?

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