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jeudi 31 mai 2007

Bon anniversaire, Madame

Germaine_tillion Pendant  plus de trente années , Germaine Tillion, a passé  la belle saison au bord de la Petite Mer de Gâvres,  à Lann Dreff sur la commune de Plouhinec. Ce 30 mai 2007 elle a eu 100 ans. Cent ans d’une vie, à risques, exemplaire. Née en Haute-Loire , c’est auprès de ses  « maîtres»  Marcel Mauss et Louis Massignon qu’elle devient ethnologue .A ce titre, de 1934 à 1940, elle va effectuer plusieurs missions scientifiques dans les Aurès en Algérie, auprès de ses chers Berbères Chaouias. « Quand j’ai entendu la déclaration d’armistice de Pétain j’ai vomi». 1940, sa vie bascule. Elle s’engage dans la Résistance et crée le réseau Musée de l’Homme. Dix de ses camarades sont fusillés, elle eut « pendant plusieurs mois, parfois plusieurs fois par semaine, l’occasion de dire adieu aux camarades qu’on emmenait au poteau d’exécution». Dénoncée par un prêtre, elle est emprisonnée par l’occupant à la Santé sous cinq chefs d’inculpation à mort. Puis vient la déportation à Ravensbrück où elle découvre l’horreur des camps de concentration. Surgit l’épreuve la plus atroce de sa vie, sa mère, Emilie Tillion, également déportée à Ravensbrück, est assassinée, gazée par les nazis le 2 mars 1945 « parce qu’elle avait soixante-neuf ans ». Durant cette période d’enfer, elle fait la connaissance de Geneviève de Gaulle. Comme un défi au régime nazi elle  écrit sous forme d’opérette un livret sur la vie des déportées, « Le Verfügbar aux Enfers » sur une musique d’Offenbach.*  Vient la Libération des camps. Germaine Tillion après avoir « perdu l’envie de vivre » s’engage avec une énergie indomptable à reconstituer la liste de tous ces camarades disparus. Un livre « Ravensbrück » démonte la mécanique du régime concentrationnaire.

1954, la guerre d’Algérie est en germe . A la demande de Louis Massignon et du gouvernement, elle accepte de repartir en mission dans cette Algérie qu’elle aime tant. Elle  sera « épouvantée » par la dégradation de ce territoire qu ‘elle connaît depuis ses premières missions de 1934, elle parlera alors de  « clochardisation ». Là-bas, elle lutte contre la misère en créant les Centres Sociaux  qui diffusent l’éducation. Quand la guerre éclate dans le sang, elle s’engage, malgré tous les périls, contre le terrorisme, la torture, les condamnations à mort. Elle dira : « Je n’ai pas «choisi »  les gens à sauver : j’ai sauvé délibérément tous ceux que j’ai pu, Algériens et Français de toutes opinions. »

Elle trouvera aussi le temps de créer l’enseignement dans les prisons. Difficile de retracer les « mille vies » de Germaine Tillion. Ajoutons sans être exhaustif son combat permanent pour les droits de l’Homme, question essentielle à ses yeux., donc la défense des minorités, de toutes les minorités.  N’oublions pas sa contribution majeure à la cause des femmes et son livre magistral « Le Harem et les cousins ». Ajoutons encore sa participation, dès 1969, à la défense mondiale de la santé publique contre la pollution des eaux, et l’atmosphère aux côtés de René Cassin, Prix Nobel de la Paix. Tout cela en poursuivant son enseignement à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, EHESS, et ses recherches, comme directeur au CNRS.

G_tillion Ceux qui connaissent Germaine Tillion s’accordent sur deux traits essentiels de cette humaniste inflexible : sa passion de comprendre et « sa tendresse sans borne qu’elle a toujours portée à ses semblables. »  J’ajouterai l’humour, la malice, la dérision. Comment se définit-elle ? Comme  « une patriote de la justice, de la vérité, de la vie. »  En 2004, pour le soixantième anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance, avec d’autres résistants dont Lucie Aubrac, elle signa « l’Appel des Résistants aux nouvelles générations ». Tout y est. A lire sur le net.

Dans la petite maison de la Porte Dorée, de sa chambre-bureau, entourée de ses livres, Germaine Tillion suit à travers la  fenêtre le va-et-vient « ravissant » des canards et des cygnes qui barbotent sur le lac de Vincennes. C’est là que cette Grand Croix de la Légion d’Honneur, Grand Croix de l’Ordre du Mérite de France et d’Allemagne, entourée de ses proches, a entamé son deuxième siècle. Comme d’habitude, discrètement.

Toute ma vie je me souviendrai de ce jour où je l’ai connue à Plouhinec en 1980.  Depuis, je remercie le hasard de la vie de m’avoir fait ce cadeau. Merci pour tout. Les bras chargés de fleurs, le cœur plein d’affection en vous embrassant avec tendresse, je vous souhaite un bon anniversaire Madame.

*Cette opérette va être jouée au Théâtre du Chatelet à Paris les 2 et 3 juin.

Patrice LE BORGNIC, U2R, Auray le 30 mai 2007.

lundi 28 mai 2007

Rencontre-débat avec les auteurs de l'Idée républicaine en Europe et dans le monde

Couverture_ide_rpublicainevolume_1_ Paul Baquiast et Emmanuel Dupuy, qui ont coordonné L'idée républicaine en Europe et dans le monde , organisent, en compagnie des auteurs de cet important ouvrage collectif en deux volumes, une rencontre-débat qui aura lieu

Lundi 4 juin 2007

à partir de 19 h

Espace L'Harmattan
21 bis, rue des Ecoles M° Maubert Mutualité

Paris 75005

Ce sera l'occasion d'évoquer l'actualité de la question républicaine et, pour les sympathisants et adhérents de l'U2R, de rencontrer les membres du bureau de l'U2R. A lundi prochain, donc !

La campagne législative

Les élections législatives ont lieu dans 15 jours : alors qu'il s'agit du scrutin décisif, on semble nous faire croire que tout est déjà joué depuis le 6 mai et que les élections de juin sont tout juste du niveau d'un scrutin cantonal. On mesure là la perversité de nos institutions, accentuées par le quinquennat et l'inversion du calendrier. Or, il faut rappeler que tout n'est pas joué : et que si l'UMP a en effet une longueur d'avance, il importe que le vote prochain fasse en sorte que le Parlement reflète le plus possible la diversité d'opinions des Français et qu'il soit en mesure d'exercer un contre-pouvoir réel. Dans la nouvelle opposition, le Modem aura d'autant plus sa partition à jouer que son score, aussi bien en voix qu'en sièges, sera élevé. C'était le but du meeting au Zénith jeudi dernier, dont nous reproduisons le compte-rendu par l'hebdomadaire Marianne.

Bandeau16 Le Modem de François Bayrou veut peser par le nombre

Jeudi soir, devant quelque 6000 militants électriques réunis au Zénith, François Bayrou a lancé la campagne du Modem pour les élections législatives. Beaucoup de monde dans la salle, mais surtout de nombreux intervenants à la tribune.



Ambiance de stade de foot en finale de championnat au Zénith, à Paris. Cornes de brume, trépignements hystériques, standing ovation dans une salle aux couleurs d'une seule équipe : le Modem. Du orange à tous les gradins. La salle est quasiment pleine. Quelque 6000 militants, élus et sympathisants sont venus par car de toute la France : du Nord, de Marseille, de Meurthe-et Moselle, de l'Indre, de Vienne… Toutes les têtes d'affiche du Mouvement démocrate sont aussi là, évidemment. Il s'agit de faire nombre pour qu'« après cette soirée historique », on ne puisse plus « dire que François Bayrou est seul », comme le martèle le député de la Loire Gilles Lartigue.

Du monde à la tribune
Et pour faire oublier que seulement quatre députés ont suivi François Bayrou dans l'aventure – sur les 29 qui constituaient le groupe UDF – il y a du monde à la tribune. D'abord les « stars » : le sénateur du Rhône Michel Mercier, Anne-Marie Comparini, la députée européenne Marielle de Sarnez, Jean-Marie Cavada, l'ex Vert Jean-Luc Benhamias, Corinne Lepage, présidente de Cap 21, mais aussi l'acteur Vincent Lindon et l'historien Jean-Pierre Rioux. Les têtes d'affiche introduisent les nouveaux venus. Une dizaine de nouveaux adhérents, comme choisis selon la méthode des quotas – jeunes, moins jeunes, actifs, chômeurs, homme ou femme, de toute origine sociale et ethnique – expliquent les raisons de leurs choix. Puis c'est au tour de quelques candidats nouvellement investis, triés parmi les 535 que présente le parti. Plutôt jeunes. Et pour cause, la moyenne d'âge des candidats Modem est de 45 ans. On fustige le clivage droite gauche, on parle de l'importance de la dette et on vante « l'honnêteté » et la « sincérité » du Mouvement. Des slogans font leur apparition : « Pour modemniser la vie politique, modemnisez votre bulletin de vote », scande Fabienne Faure, candidate dans la 3e circonscription de l'Ain ; ou encore « en amour on dit un de perdu, dix de retrouvé ; en politique : 22 de perdus, 70 000 de retrouvés ! », dixit Anne Lapérouze, candidate dans le Tarn.

75 000 adhérents, 7 millions d'électeurs
Quand François Bayrou arrive, enfin, à la tribune, c'est non pas 70 000 mais 75 000 adhérents qu'il revendique.

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dimanche 27 mai 2007

Sur le ralliement de Kouchner

On ne sait trop que penser du ralliement spectaculaire de Bernard Kouchner à Nicolas Sarkozy, lui qui n'avait pas de mots assez durs pendant la campagne présidentielle pour stipendier celui qu'il accusait alors de chasser sur les terres du lepénisme. Après tout, cela regarde sa conscience, et l'article de l'universitaire Maurice Goldring, publié dans le Monde du 23 mai et que nous reproduisons ici, est déjà bien assez sévère. Nous nous interrogeons plutôt sur la cohérence future de la politique étrangère de Sarkozy, dont on nous dit, qu'avant de choisir Kouchner, il avait au préalable contacté Hubert Védrine. Quant on sait que l'un est partisan du droit d'ingérence tandis que l'autre est plus légaliste, que l'un est atlantiste tandis que l'autre plaide pour un monde multipolaire, que l'un était partisan de la guerre en Irak alors que l'autre y était hostile, on ne peut que nourrir de légitimes inquiétudes...

Images1 Pas de morale, s’il vous plaît. Faire de la politique, c’est aspirer au pouvoir. Ne critiquons pas Bernard Kouchner comme si nous partagions le point de vue de ceux qui souhaitent rester dans l’opposition pour l’éternité. Reconnaissons que, pour un militant socialiste, tout se passe à une vitesse vertigineuse. Les frontières semblent se brouiller. Roger Hanin vote Buffet au premier tour et Sarkozy au second. Max Gallo passe de Chevènement à Sarkozy. Hubert Védrine est contacté, Claude Allègre est en mission et Eric Besson "prospective". Je ne sais quel ennemi est à nos frontières qui exigerait un gouvernement d’union nationale.

Tous vertueux, prêts à servir la France, le peuple, dans la lignée de Clemenceau, de Gaulle, Guy Môquet. Il ne reste plus qu’un seul Grand Parti de France, qui regroupe droite et gauche.

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Pour une politique économique européenne

Images2 Sarkozy n’a pas perdu de temps : à peine élu, il s’est déjà déplacé en Allemagne pour y rencontrer Angela Merkel puis à Bruxelles pour dialoguer avec le président de la Commission européenne. On y a semble-t-il beaucoup parler d’un nouveau traité, plus court, et limité aux aspects institutionnels. Nous serons bien sûr vigilants quant à son contenu et à ses modalités de ratification.

Mais, il ne faudrait pas que le mécano institutionnel occulte l’essentiel : la désindustrialisation de l’Europe, et son corollaire les délocalisations. Or, l’Europe est, avec les Etats-Unis et le Japon, la seule zone à peu près ouverte à la mondialisation des échanges de biens, de services et de capitaux. Le laissez-faire laissez-passer y est donc la règle. Et la commission de Bruxelles, fidèle à son credo libéral, semble admettre l’idée que la Chine devienne l’atelier du monde, l’Europe devant se résigner à n’être qu’une économie de services, éventuellement à haute valeur ajoutée. Mais au service de qui ou de quoi ? est-il possible d’imaginer une économie sans poumon industriel, ne serait-ce qu’en raison des progrès technologiques  que la maîtrise de savoir-faire industriels implique ? est-il possible simultanément de laisser la mondialisation déformer la répartition des revenus au détriment du travail, contribuant ainsi au déclassement de la classe moyenne ?

Il faut le marteler : on ne construira pas d’Europe puissante et prospère, et donc séduisante pour ses habitants, si celle-ci se vide peu à peu de sa substance économique. Le libre-échange est sans doute bénéfique mais l’économiste anglais du XIX ème siècle Ricardo qui en est le fondateur théorique n’avait pas prévu la mobilité des mouvements de capitaux que nous connaissons aujourd’hui. Une préférence communautaire impliquant un tarif extérieur commun doit donc être mise en œuvre : c’est une voie raisonnable qu’appellent de leurs vœux aussi bien l’ancien Premier ministre Fabius, que le Prix Nobel d’économie Maurice Allais ou le démographe Emmanuel Todd.

Simultanément, il faudra bien un jour remettre en cause l’hégémonie du dollar, qui octroie aux Etats-Unis le privilège insensé de vivre à crédit sur le dos du reste de la planète, ce qui engendre des désordres économiques et sociaux que nous devons gérer ensuite. La création de l’euro devait y contribuer. Encore faut-il que la parité euro/dollar soit réaliste, ce qui n’est pas le cas également. Encore faut-il également que les spéculations boursières soient régulées, ce qui passe notamment par une réglementation des « hedge funds ».

C’est sur ces domaines que l’Europe réussira ou échouera ; c’est donc sur ces domaines que les radicaux jugeront la politique européenne de Sarkozy. Tout le reste n’est que littérature…

Merci

Images Chirac est parti : il sera bien temps de critiquer sa pratique du pouvoir clanique, les promesses non tenues et son immobilisme gestionnaire, qui, quoi qu’on en dise, est tout sauf radical. Avec lui la France a sans doute pris 5 ans de retard, si ce n’est plus, et le rapport de confiance que les citoyens entretiennent avec la classe politique s’est sans doute dégradé. Pourtant, aujourd’hui, l’heure n’est pas à la critique mais à la gratitude. Par deux actes, Chirac a en effet su montrer qu’il avait la carrure pour la fonction : d’une part quand il a dit non aux Etats-Unis en refusant d’engager la France dans cette folle guerre d’Irak ; d’autre part quand il a promulgué la loi sur le voile, qui a permis de réaffirmer le principe laïque et de réduire les tensions communautaires. Pour cela, et seulement pour cela, merci.

jeudi 24 mai 2007

Rencontre-débat avec les auteurs de l'Idée républicaine en Europe et dans le monde

Couverture_ide_rpublicainevolume_1_ Paul Baquiast et Emmanuel Dupuy, qui ont coordonné L'idée républicaine en Europe et dans le monde , organisent, en compagnie des auteurs de cet important ouvrage collectif en deux volumes, une rencontre-débat qui aura lieu

Lundi 4 juin 2007
Espace L'Harmattan
21 bis, rue des Ecoles M° Maubert Mutualité

Paris 75005

Ce sera l'occasion d'évoquer l'actualité de la question républicaine et, pour les sympathisants et adhérents de l'U2R, de rencontrer les membres du bureau de l'U2R. A dans dix jours, donc !

Que cent blogs fleurissent...

L'U2r est actuellement engagée dans la bataille législative dans un certain nombre de circonscriptions. L'enjeu est de taille : il s'agit, aux côtés du Modem, de créer les conditions d'un contre-pouvoir à l'Assemblée, pour éviter une Chambre bleue horizon, qui serait incapable de contrôler effectivement le gouvernement. Notre présence doit permettre également de porter l'actualité du message radical, et de préparer ainsi la création du grand parti radical dont la vie politique française a besoin.

Nous signalons ci-dessous les blogs créés par les candidats U2R : ils comptent sur vous !

U2R Franche-Comté :radical39220.canalblog.com
pour une U2R Essonne : www.91.site.tc
pour une U2R de Communauté d'agglomération : www.ec.site.tc
U2R Bretagne : http://www.kingsley-okuns.fr/
 

 

samedi 12 mai 2007

La vie politique a désormais son Modem

Bayrou2 François Bayrou lance donc le Mouvement démocrate.  A cette occasion, il insiste sur le rôle de l'équilibre des pouvoirs. Les radicaux attachés à la thématique centrale du "citoyens contre les pouvoirs" (Alain) ne peuvent que s'en réjouir. Nous publions ici le compte-rendu des travaux du Conseil national de l'UDF, publiés sur le site de Bayrou.

Devant 2500 personnes, François Bayrou a rappelé la "magnifique aventure" de l'élection présidentielle qui l'a vu rassembler sur son nom sept millions d'électeurs. Venant de droite, de gauche, du centre. Le président du futur Mouvement démocrate assure que la confrontation des blocs sera contre-productive pour la France et les Français. C'est dans ce contexte qu'il a appelé à la création d'une nouvelle force politique, le Mouvement démocrate. Il réunira des sensibilités venues de toute part. Des écologistes, des gaullistes, des centristes de droite et de gauche viendront s'amarrer à ce nouveau parti. François Bayrou a également annoncé que près de 22.000 adhésions se comptaient déjà à ce jour, sans aucune publicité. Qui forment les bases de ce nouveau mouvement. Il "défendra les citoyens devant le pouvoir". Les parlementaires seront libres de leur vote, dans un mouvement unique de la vie politique française. Il a conclu par une allusion aux deux partis majoritaires : "Je ne quitterai pas l'allégeance de l'un pour me réfugier dans celle de l'autre."

La Commune : nous n'oublions pas...

Clemenceau "La Révolution est un bloc". Nous sommes comme Clemenceau, on ne choisit pas : et Mirabeau et Robespierre et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et les fulgurances de Saint-Just, et la Fête de la Fédération et les Jacobins, et Valmy et les guerres de Vendée, tout est la France, son histoire, son message et aujourd'hui encore, l'écho de sa voix dans le monde. C'est pourquoi nous serons le 2 juin au Mur des Fédérés pour commémorer la Commune. 

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L’œuvre démocratique de la Commune, célébrée le 2 juin 2007 au Mur des Fédérés

Pendant sa brève existence, 72 jours seulement, la Commune de Paris du printemps 1871  réalise une œuvre démocratique considérable. Elle donne l’exemple d’un gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, d’une démocratie directe et participative.

A la suite de l’insurrection populaire du 18 mars 1871, le Comité central de  la Garde nationale invite les citoyens à élire, dès le 26 mars, un « Conseil de la Commune » qui entre dans l’histoire sous le nom de « Commune de Paris ». Deux jours avant le scrutin, les bataillons de la Garde nationale précisent leur conception de la démocratie : « Quand nous pourrons avoir les yeux partout où se traitent nos affaires, partout où se préparent nos destinées, alors, mais alors seulement, on ne pourra plus étrangler la liberté ».

Le Manifeste du Comité central des vingt arrondissements exige « la responsabilité des mandataires et, par conséquent, leur révocabilité permanente. Le mandat impératif, c’est à dire précisant et limitant le pouvoir et la mission du mandataire ». Pendant leur mandat, les élus de la Commune sont sans cesse placés sous le contrôle des citoyens notamment dans les réunions des clubs et de l’Union des Femmes.

Cet exemple de démocratie directe demeure unique dans l’histoire mondiale. Depuis 136 ans, il est un phare, un idéal pour les forces démocratiques qui agissent partout dans le monde contre toutes les tyrannies, les injustices et les inégalités... En cette année 2007, où nous sommes appelés à élire le président de la République et l’Assemblée nationale, l’œuvre, les idéaux, les pratiques démocratiques de la Commune de Paris, sont d’une brûlante actualité. Nous appelons les salariés, les retraités, les jeunes, les femmes, les immigrés, les sans papiers, sans droits, sans toit, sans travail, toutes les victimes d’une société qui les écrase, à se rassembler le 2 juin au Mur des Fédérés.

    Nous leur donnons rendez-vous le samedi 2 juin 2007 à 14 h 30 à l’entrée du cimetière du Père Lachaise, rue des Rondeaux, Paris 20e (Métro Gambetta)

Signataires de cet appel, à la date du 10 mai 2007 : Les Amis de la Commune de Paris 1871 ; ARAC ; Association Action ; Association Rouges vifs Ile de France ; Association des Libres Penseurs de France ; CAS Nanterre ; CER-SNCF Normandie ; MRAP ; SAT Amikaro Espéranto Paris ;CGT Force ouvrière ; Union locale CGT Paris 10e ; Institut d’histoire sociale CGT-PTT ; FSU ; UNSA ; Mouvement Jeunes communistes ; Mouvement des Jeunes socialistes ;  MRC ; PCF ; PRG ; PS ; U2R.