On ne sait trop que penser du ralliement spectaculaire de Bernard Kouchner à Nicolas Sarkozy, lui qui n'avait pas de mots assez durs pendant la campagne présidentielle pour stipendier celui qu'il accusait alors de chasser sur les terres du lepénisme. Après tout, cela regarde sa conscience, et l'article de l'universitaire Maurice Goldring, publié dans le Monde du 23 mai et que nous reproduisons ici, est déjà bien assez sévère. Nous nous interrogeons plutôt sur la cohérence future de la politique étrangère de Sarkozy, dont on nous dit, qu'avant de choisir Kouchner, il avait au préalable contacté Hubert Védrine. Quant on sait que l'un est partisan du droit d'ingérence tandis que l'autre est plus légaliste, que l'un est atlantiste tandis que l'autre plaide pour un monde multipolaire, que l'un était partisan de la guerre en Irak alors que l'autre y était hostile, on ne peut que nourrir de légitimes inquiétudes...
Pas de morale, s’il vous plaît. Faire de la politique,
c’est aspirer au pouvoir. Ne critiquons pas Bernard Kouchner comme si
nous partagions le point de vue de ceux qui souhaitent rester dans
l’opposition pour l’éternité. Reconnaissons que, pour un militant
socialiste, tout se passe à une vitesse vertigineuse. Les frontières
semblent se brouiller. Roger Hanin vote Buffet au premier tour et
Sarkozy au second. Max Gallo passe de Chevènement à Sarkozy. Hubert
Védrine est contacté, Claude Allègre est en mission et Eric Besson
"prospective". Je ne sais quel ennemi est à nos frontières qui
exigerait un gouvernement d’union nationale.
Tous vertueux, prêts à servir la France, le peuple, dans la lignée de Clemenceau, de Gaulle, Guy Môquet. Il ne reste plus qu’un seul Grand Parti de France, qui regroupe droite et gauche.
Bayrou a perdu une bataille mais il a gagné la guerre. Ses idées ont triomphé. Accepter ces arguments, c’est réduire une consultation nationale au statut d’élections locales. Dans une petite ville, on peut se mettre d’accord sur les grandes lignes d’une rénovation urbaine, sur la construction d’un tramway, l’entretien des locaux scolaires. Mais la France n’est pas un grand village, et Bernard Kouchner ne devient pas adjoint au maire chargé du jumelage des villes.
La France est l’une des grandes puissances mondiales. A ce titre, elle entre dans les grands conflits du monde, les grandes orientations. Elle noue des alliances. A l’échelle mondiale se mène une bataille acharnée pour la régulation du capital financier, du commerce international, des relations entre pays riches et pays pauvres, des batailles sur les prix des médicaments, sur les protections des productions des pays pauvres, sur la protection de l’environnement. Où se retrouve le président de la République, du côté des 4 × 4 ou des tramways, des logements sociaux ou des ventes à la découpe, du côté des frontières électrifiées ou d’un accueil généreux ? L’UMP, à l’échelle européenne, s’allie avec Berlusconi, Aznar, avec les forces conservatrices qui bataillent pour que l’Europe soit la moins régulée possible, pour qu’elle soit réduite à un marché, contre les partis sociaux-démocrates européens.
La social-démocratie doit se battre sur ce front-là, et c’est en se "social-démocratisant" que les partis socialistes peuvent être efficaces à l’échelle nationale et internationale. La décision de Bernard Kouchner fragilise cette orientation à l’intérieur de la gauche, elle renforce les conservatismes, elle donne raison à ceux qui pensent que la social-démocratisation du particonduit à soutenir une politique de droite.
Or Bernard Kouchner, avec Michel Rocard et Daniel Cohn-Bendit, jouait un rôle moteur et important dans cette évolution. Il vient de sacrifier son capital d’influence en l’échangeant contre une rente de situation. La droite additionne les égoïsmes des grandes puissances et les frilosités des moins grandes. C’est dans ce camp que se situe le président aujourd’hui. "Si, un jour, la situation devenait inacceptable, je quitterais le gouvernement. Je compte pour cela sur la vigilance de mes amis", déclarait Bernard Kouchner le jour de son intronisation. Ce jour-là est venu. C’était hier.
il me semble qu'effectivement une social-democratisation du PS aboutit a accepter une politique de droite qui va vers la dereglementation,attaque des services publics,augmentation de la duree de cotisation pour les retraites, qui entretien le mythe d'une l'Europe federale qui livre l'actuelle poltique etrangere de l'UE a Solana.Que cela plaise ou non le federalisme europeen vise a diminuer la liberté et la souveraineté des Etats-Nations car ceux-cis avec leurs protections sociales,interventions etatiques sont des entraves contre "la concurrence libre et non faussée". Ce qui gene aussi les federalistes europeens atlantistes c'est le role international que la France peut jouer pour creer un monde multi-polaire en particulier avec des relations etroites avec la Russie.
Autre"avantage" d'une europe federale : s'attaquer a la laicité(nottement en France)et obliger la France a revenir sur la loi sur le port des insignes religieux et pourquoi pas demain sur la Loi de Separation de 1905.
Rédigé par : CHAYNES Regis | dimanche 27 mai 2007 à 21:49
Pour moi le PS est deja social-democrate.
Rédigé par : CHAYNES Regis | dimanche 27 mai 2007 à 21:51
De mon point de vue, accepter ce poste est une erreur. Maintenant, apres les ministres précédent (douste, villepin, etc.), ca peut pas faire de mal.
A Kouchner de nous prouver la valeur de son choix, tout en respectant ses pensées et son action.
Jugeons sur pièce, mais par contre, en cas, d'échecs, il sera la cible partout. Kouchner dnas le role du lapin, ca peut le faire, allez savoir.
On verra bien !
Sinon en ce qui concerne la pensée de Dany cohn Bendit, sur cette question, on peut vous envoyer une vidéo, on l'invite à boire un pot ouvert au plus grand nombre, mardi 29 Mai, à reuil malmaison.
Plus d'infos sur le http://web2ju.net
ecologiquement votre
julien
Rédigé par : julien | lundi 28 mai 2007 à 01:22
Au moins cela a le mérite de dévérouiller les murs que l'on a construit année après année entre les formations politiques.
Je pensais que les Radicaux verraient cela d'un bon oeil.. Il ne faut pas prôner le pragmatisme et l'ouverture et le stigmatiser quand il est mis en oeuvre!
Rédigé par : Nicolas | lundi 28 mai 2007 à 07:46
Le pragmatisme et l'ouverture, pourquoi pas ? mais à condition de ne pas renier ce que l'on proclamait 6 mois plus tôt.
Rédigé par : radical | lundi 28 mai 2007 à 14:43