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lundi 04 juin 2007

Les radicaux sont de retour… mais pas chez Nicolas Sarkozy !

U2r

Avec une maestria certaine, Nicolas Sarkozy est en un train de réussir l’un des plus beaux hold-up politique de la Ve République. Après avoir aspiré l’électorat de Jean-Marie Le Pen, le voilà en train d’asphyxier François Bayou en cherchant à réduire à néant son espace politique. Nicolas Sarkozy entend, en effet, faire du Bayrou sans Bayrou. Lui qui a refusé tout débat avec François Bayrou dans l’entre-deux tours, lui qui a tout fait pour que le débat entre Bayrou et Ségolène Royal n’ait pas lieu, se présente maintenant en chantre de la décrispation politique, de l’ouverture et de l’unité nationale par delà les clivages gauche-droite.

Après le débauchage individuel de personnalité de gauche et du centre, voici que c’est un parti entier, le PRG, qu’il vient de tenter de faire tomber dans son escarcelle. Jean-Michel Baylet, dans un texte confus paru dans un quotidien, après un vibrant hommage à Ségolène Royal, a tenté d’expliquer qu’il fallait maintenant au PRG abandonner en raz campagne son alliance traditionnelle avec le Parti socialiste accusé d’archaïsme, de divisions impudiques et d’hégémonisme, sans pour autant remettre en cause les 36 circonscriptions législatives offertes par le PS au PRG, afin de reconstituer, sous l’aile protectrice de Nicolas Sarkozy, l’unité perdue du parti radical.

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Que Jean-Michel Baylet ait cru pouvoir se présenter comme le héraut de l’unité du radicalisme a été une illustration de plus du cynisme et de l’hypocrisie en politique et de la difficulté de faire du neuf avec du vieux. Qu’a t-il fait, depuis 12 ans qu’il règne en maître sur le PRG, qui ait été dans le sens d’une réunification ? Quel travail de rénovation doctrinal du radicalisme a t-il entrepris qui rendre possible et durable cette réunification ?

Le trouble des militants radicaux a été immédiat et vigoureux. Jean-Michel Baylet a dû, in-extremis, faire marche arrière. Ce trouble est bien compréhensible. D’abord parce-que la décision de Jean-Michel Baylet avait  été prise seule, sans aucune consultation des instances du parti ni des militants. Ensuite, parce-qu’à céder aux sirènes « sarkozistes », le PRG risquait de perdre les derniers députés qu’il lui reste. Enfin et surtout, parce-que le ralliement du PRG voulu par Baylet ne se faisait sur aucun contrat politique clair et ressemblait fort à un chèque en blanc.

La France, pourtant, comme l’a écrit Jean-Michel Baylet, a besoin d’un retour des radicaux. Mais pas des « radicaux radis » dont on s’est trop longtemps et légitimement moqué, rouge à l’extérieur, blanc à l’intérieur, et toujours près de l’assiette au beurre. Non, la France a besoin du retour d’un radicalisme authentique, héritier du philosophe Alain, de Jean Zay et de Mendès-France, ferme sur les principes tout en sachant être ouvert et tolérant, déterminé dans l’action tout en étant pragmatique dans sa mise en œuvre. Un radicalisme qui assume sa position centrale sans être alternativement un supplétif de gauche ou un supplétif de droite.

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Ce radicalisme existe. Il est engagé clairement dans le difficile combat entrepris par François Bayrou pour rénover, par delà les effets d’annonce, la vie politique française et résoudre en profondeur la crise démocratique du pays. L’Union des Républicain radicaux (U2R), créé dès 2002 comme une carrefour du radicalisme libre, a pris toute sa place dans la campagne présidentielle de François Bayrou et incarne pleinement, au sein du Mouvement Démocrate, auprès des radicaux issus de l’UDF, la filiation radicale, républicaine et laïque.

L’existence d’un courant radical indépendant et puissant ne peut s’épanouir que dans un contexte institutionnel profondément différent de celui actuellement en vigueur, qui a conduit à une bi-polarisation stérile de la vie politique. La « révolution orange » incarnée par François Bayrou et le Mouvement démocrate, et qui a recueilli l’adhésion de près de 8 millions de Français, ne se fera pas sur des faux semblants et des ralliements de circonstance. Comme aux lendemains de la seconde Guerre mondiale, face aux urgences de la France confrontée aux défis de la mondialisation, la démocratie chrétienne, le radicalisme, et le socialisme libéral peuvent et doivent savoir travailler ensemble, sur des objectifs clairement définis. La constitution d’un puissant pôle radical au sein du Mouvement Démocrate est une condition de la réussite. C’est à cette renaissance du radicalisme autour de François Bayrou à laquelle l’U2R appelle ici solennellement tous les radicaux, de toutes les obédiences.

Emmanuel DUPUY,
Président de l’Union des Républicains Radicaux