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samedi 12 janvier 2008

Belgique une et indivisible !


Belgique Depuis plus de 6  mois, chaque jour davantage, la Belgique s’enfonce dans une grave crise politique, la plus longue que le pays ait jamais connue, exacerbée par des divergences de plus en plus fortes sur le principe même de son existence en tant que Nation.

Cette crise est non seulement politique, en ce qu’elle met en exergue des querelles politiciennes que l’on croyait révolues ; elle est aussi profondément morale en ce que le divorce entre Flamands et Wallons, tant redouté par certains mais provoqué par d’autres, est plus que symbolique, dans ce pays sur lequel se focalisent tous les regards, depuis que Bruxelles est devenue la capitale de l’Europe. La dislocation de la Belgique, telle que l’avait fondée les hommes de 1830, serait en effet une nouvelle étape dans le projet de redessiner la carte de l’Europe, en gommant d’un trait la force de l’histoire comme socle commun d’unité.

Après l’explosion de l’ex-Yougoslavie - avec pour corollaire des plaies mal refermées dans l’ensemble des Balkans occidentaux, région qui n’attend qu’un geste pour s’enflammer de nouveau - l’irruption des velléités nationalo-régionalistes constitue une grave menace pour la stabilité et la paix.

Car, en effet, cette crise porte en elle tous les germes d’une crise qui menace, ailleurs en Europe, l’existence même de certains Etats. Les griefs faits par les Flamands aux Wallons sont-ils si différents que ceux que font les Albanais du Kosovo aux minorités serbes ? Les discriminations linguistiques, dont se disent victimes les deux communautés sont-elles si éloignées que cela de l’irrédentisme basque ou catalan qui menace l’unité chèrement acquise des Espagnols ?

Face à cette menace grave de délitement de l’Etat-Nation en Belgique, l'U2R tient à rappeler, dans le cadre d’un débat européen qui s’ouvre de nouveau, combien l’unité nationale est un acquis à défendre, partout où le communautarisme est à l’oeuvre pour en saper la légitimité et en minorer l’importance, au titre de présupposés tendancieux, bien loin de l’incarnation de bien commun, d’intérêt général, d’égalité des droits et de laïcité portés par la communauté de destin offert par la Nation.


Politique et religion : mariage détonnant et inquiétant…

Sarko_latran Jamais autant, l’adage « rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » n’aura sonné si juste, en France et ailleurs. Il aura ainsi suffit d’un discours enflammé du président de la République à Rome pour que plus d’un siècle de laïcité à la française ne vole en éclat…

Celui qui se veut l’incarnation de la stricte séparation entre la sphère publique et de la religion, en faisant référence solennellement aux racines chrétiennes de la France, en prônant le principe d’une laïcité dite « positive », en souhaitant que les représentants des cultes prennent une part plus ostensible aux débats politiques en intégrant, par exemple, le Conseil économique et Social, dévoile un peu plus son jeu…

Nos voisins ne sont pas en reste.

La campagne présidentielle américaine, entre expression médiatisée de la foi religieuse de tous les candidats à la Maison blanche, tourne à un « grand barnum » politico-religieux, parfaitement intolérable dans le sens qu’il prend non seulement en otage les électeurs devenus simples consommateurs mais qu’il semble légitimer des « Eglises » qui revêtent plus souvent les habits d’organisations cultuelles aux buts largement sujets à caution. L’on en vient même, sans choquer grand monde, à remettre au même niveau le créationnisme et l’évolutionnisme !

Ce n’est hélas pas un cas isolé : jamais l’Eglise orthodoxe n’aura joué un rôle si prégnant dans la victoire sans coup férir de Vladimir Poutine lors des dernières municipales de décembre dernier. Ici, comme aux Etats-Unis, les thèmes de l’avortement, du mariage, de la contraception, de la bioéthique, sont devenues les cibles de tous les fanatismes et obscurentismes.

On ne compte plus, par ailleurs, les théâtres d’expression de cette nouvelle forme d’ingérence de la religion dans le domaine séculier. En Chine, où la religion, version évangélique, tend a substituer le centralisme démocratique. Au Mexique, encore, où la religion fait et défait les présidents, sur fond de népotisme, de corruption et de corporatisme, dans un pays, voire sur le reste du continent latino-américain, l’Eglise catholique se fait volontiers thurifaire des pouvoirs conservateurs en place.

    Dans le monde arabo-musulman, l’on en compte plus les coups de boutoirs des Islamistes contre les valeurs démocratiques et l’aspiration des peuples à vivre en paix, en sécurité et en harmonie entre eux.

Face à ses dérives inquiétantes, expressions multiformes d’une même remise en cause coordonnée des principes émancipateurs et progressistes républicains les plus élémentaires, l'U2R entend défendre ardemment ces derniers.

Le prix international et national de la laïcité, qui sera remis à Paris, en 2008, sera l’occasion de réaffirmer combien la Raison, l’universalisme, l’adogmatisme, la morale, la séparation entre pouvoir, religion et science sont consubstantielles avec République et laïcité.

Bonne année

Bonne_annee L'U2r souhaite une bonne année à ses adhérents, lecteurs et sympathisants.

L'année 2007 s'est conclue sur de nombreuses incertitudes politiques. Mais au-delà des recompositions politiques, des intérêts électoraux partisans, des positionnements tactiques, les grandes interrogations demeurent: qu'est-ce que vivre ensemble dans une société qu'on nous annonce de plus en plus multi-culturelle ? qu'est-ce que l'égalité dans un monde où les inégalités sociales et générationnelles augmentent ? qu'est-ce qu'être Français dans un cadre européen ? comment réintroduire le politique dans la rationalité économique ? quelle est la place de la culture dans un monde dominé par les industries culturelles ? comment articuler l'émancipation de l'individu et la cohésion des sociétés ? face aux menaces écologiques, quel monde laisserons-nous à nos enfants ? et face à la difficulté d'éduquer et de transmettre, à quels enfants laisserons-nous le monde ?

Par nature, les radicaux ont peu de certitudes : ils se méfient des dogmes et des vérités révélées. D'où notre attachement vsicéral à la laïcité. Continuons donc à débattre entre nous : de nos délibérations, s'ouvrira sans doute un chemin. Formulons le souhait que 2008 apporte des réponses à nos grandes interrogations, et nous donne les clés pour transformer le monde.