La République a l'ambition de l'Universel.
- D'abord, par la conception de l'Humanité comme constituée à la fois d'une somme et d'une essence, qui fait obligation de respecter l'intégralité de sa diversité comme de la compréhension et de l'échange.
- Ensuite, par une appréciation des rapports de l'Homme à la société comme une éthique indépendante du lieu de Civilisation et du moment de l'Histoire, qui constitue des droits imprescriptibles de l'individu et peut être adoptée par tous, personnes et peuples, s'ils le souhaitent.
La République est une et indivisible. L'unicité de la citoyenneté et l'unité du territoire sont liées. Au delà de la confiance qu'elle peut avoir dans l'autonomie des responsabilités et dans ses formes de proximité, la République doit veiller à la réalité, partout et au sein de tous les groupes, des garanties qui la fondent.
C'est l'exercice de la citoyenneté qui est le ciment de la nation républicaine. Il n'y en a pas d'autres, ni ethnique, ni territorial, ni religieux.
La nation républicaine est une communauté volontaire de destin, générant en permanence sa propre identité unitaire
En faisant "du sang avec du sol", la France républicaine a construit un Droit de l'accueil ; mais elle a refusé la juxtaposition des groupes en mosaïque et l'apparition d'un Droit des communautés et de la différence, synonyme de statuts discriminatoires et d'une territorialité virtuelle. L'accès aux droits nationaux se fait par l'adhésion individuelle, et non collective, au contrat social. Seule la primauté de l'individu permet d'atteindre la liberté et l'égalité, c’est-à-dire :
- l'émancipation de la tutelle autoritaire des groupes ou des hiérarchies
- le traitement égalitaire, parce que réalisé à travers la personne et ses choix volontaires, des identités culturelles et spirituelles, minoritaires ou non.
Additionner n'est pas juxtaposer. Partant du constat qu'il n'existe que des singularités et non des minorités au sein d'une majorité qui serait la norme, l'intégration inclut le respect de la différence et de ses pratiques, mais elle refuse de l'institutionnaliser et encore moins de la promouvoir ou d'en légaliser les prescriptions.
Intégrer n'est pas assimiler. La communauté française s'est construite au fil d'une intégration qu'il faut comprendre plus comme la transformation permanente d'un ensemble par des échanges internes et des influences mutuelles que comme une incorporation à un état préalable et intangible.
Pour être capable de s'assurer un devenir, la communauté nationale, construite autour de l'individu, doit simultanément rester ouverte et posséder des liens forts de cohésion.