vendredi 21 octobre 2005

La culture de la République


Depuis plus de cent ans, il existe en France des repères de cohésion nationale et d'adhésion au contrat social qui ne peuvent se satisfaire du laisser-faire économique et de la simple tolérance, qui réfutent le dessaisissement hypocrite des sociétés trop marchandes ou seulement administrées et qui réclament une démarche volontaire. Il appartient aux citoyens de se réapproprier cette culture de la République construite autour de :

- La laïcité, qui est une ascèse du respect des consciences contre tout argument d'autorité. Parce qu'elle fonde les liens nécessaires à l'identité et à l'unité, la laïcité est le creuset de la recréation permanente de la nation.

- L'Ecole, qui est l'outil de la construction spécifique et conjointe de la nation et de la République par une identité unitaire. Elle n'est pas le lieu du débat public mais celui où on y prépare.

- le service de la nation, qui est un creuset de connaissance mutuelle et de fraternité entre Français de toutes origines et de toutes conditions.

La République est une éthique de la Nation


La République a l'ambition de l'Universel.

- D'abord, par la conception de l'Humanité comme constituée à la fois d'une somme et d'une essence, qui fait obligation de respecter l'intégralité de sa diversité comme de la compréhension et de l'échange.
- Ensuite, par une appréciation des rapports de l'Homme à la société comme une éthique indépendante du lieu de Civilisation et du moment de l'Histoire, qui constitue des droits imprescriptibles de l'individu et peut être adoptée par tous, personnes et peuples, s'ils le souhaitent.

La République est une et indivisible. L'unicité de la citoyenneté et l'unité du territoire sont liées. Au delà de la confiance qu'elle peut avoir dans l'autonomie des responsabilités et dans ses formes de proximité, la République doit veiller à la réalité, partout et au sein de tous les groupes, des garanties qui la fondent.

C'est l'exercice de la citoyenneté qui est le ciment de la nation républicaine. Il n'y en a pas d'autres, ni ethnique, ni territorial, ni religieux.

La nation républicaine est une communauté volontaire de destin, générant en permanence sa propre identité unitaire

En faisant "du sang avec du sol", la France républicaine a construit un Droit de l'accueil ; mais elle a refusé la juxtaposition des groupes en mosaïque et l'apparition d'un Droit des communautés et de la différence, synonyme de statuts discriminatoires et d'une territorialité virtuelle. L'accès aux droits nationaux se fait par l'adhésion individuelle, et non collective, au contrat social. Seule la primauté de l'individu permet d'atteindre la liberté et l'égalité, c’est-à-dire :
- l'émancipation de la tutelle autoritaire des groupes ou des hiérarchies
- le traitement égalitaire, parce que réalisé à travers la personne et ses choix volontaires, des identités culturelles et spirituelles, minoritaires ou non.

Additionner n'est pas juxtaposer. Partant du constat qu'il n'existe que des singularités et non des minorités au sein d'une majorité qui serait la norme, l'intégration inclut le respect de la différence et de ses pratiques, mais elle refuse de l'institutionnaliser et encore moins de la promouvoir ou d'en légaliser les prescriptions.

Intégrer n'est pas assimiler. La communauté française s'est construite au fil d'une intégration qu'il faut comprendre plus comme la transformation permanente d'un ensemble par des échanges internes et des influences mutuelles que comme une incorporation à un état préalable et intangible.
Pour être capable de s'assurer un devenir, la communauté nationale, construite autour de l'individu, doit simultanément rester ouverte et posséder des liens forts de cohésion.

dimanche 19 décembre 2004

Charte politique de l'U2R : un pas vers la refondation du radicalisme

Issu de la philosophie des Lumi�res et de la R�volution fran�aise, nourri des exp�riences de 1848 et de la Commune de Paris, � la pointe des combats la�ques et sociaux de la IIIe R�publique, le radicalisme a vu confirm� par la chute du mur de Berlin et le retour des int�grismes de tous ordres la pertinence de ses valeurs et de ses concepts.

Mais le radicalisme institutionnel des partis, pris dans les man�uvres et les int�r�ts �lectoraux de ses notables, s�est peu � peu transform� en un ventre mou s�oubliant puis se reniant lui-m�me. C�est pourquoi il y-a utilit�, pour les R�publicains Radicaux, � refonder le radicalisme.

Cette refondation passe par un retour aux sources de la pens�e radicale et sa r�inscription dans l�espace intellectuel et politique de notre pays. Cette Charte s�en veut une �tape.

Ce document n�est pas un programme politique. Il est � la fois plus modeste et de plus haute ambition.

Sur une dizaine de th�mes majeurs, il fixe les bases doctrinales devant servir de socle � une r�affirmation de la pens�e radicale dans le paysage politique. Permettant aux r�publicains radicaux de mieux savoir ce qu�ils sont, il les rendra plus � m�me de d�battre entre eux, de d�battre avec les autres et de d�battre avec le pays. Il leur permettra aussi d��tre plus r�actifs � l�actualit� politique, d��tayer leurs prises de position et de construire des propositions concr�tes.

Cette charte n�est pas fig�e. Vivante, elle est vou�e � �voluer et � �tre compl�t�e au gr� du d�veloppement de la r�flexion des r�publicains radicaux.


Charte politique de l'U2R : un pas vers la refondation du radicalisme