Le radicalisme est attaché à l'égalité : il ne se confond pas pourtant avec le socialisme ou la sociale-démocratie. De même, le radicalisme défend les libertés individuelles : il n'est pour autant pas libéral. Nous avons déjà eu l'occasion de le rappeler ici. Pour approfondir cette réflexion, le lecteur peut visiter le le site des amis d'Alain, où l'on trouve ce commentaire lumineux :
Alain n'est pas un penseur libéral, mais un penseur radical, comme il n'a cessé de le revendiquer. Il n'y a dès lors rien d'étonnant à ce que de nombreux thèmes libéraux soient repris par lui, si l'on entend par radicalisme la défense des valeurs libérales (individualisme, propriété...) par les outils de la république (éducation, services publics...), et non en laissant agir un pseudo "ordre naturel" qui ne profite qu'à certaines classes.
Le radicalisme est la recherche d'un équilibre entre ses valeurs et ses outils, sachant que les deux sont en tension, mutuellement nécéssaires mais potentiellement destructrices l'une de l'autre.
L'Histoire me semble être la douloureuse preuve de l'idée radicale, et on voit dans la philosophie d'Alain à quel point, par sa pensée non systémique qui intègre l'indépassable contradiction, il est le penseur du radicalisme (à plus forte raison du radical-socialisme).

